Le Parlement européen a demandé, jeudi 19 octobre, la présentation d’une stratégie globale et ambitieuse de l’Union en matière de protéines couvrant la production et la consommation durables de tous les types de protéines dans l’Union, en particulier les protéines végétales et animales.
Le rapport d’Emma Wiesner (Renew Europe, suédoise) sur cette stratégie a été adopté avec 305 voix pour, 129 contre et 69 abstentions (EUROPE 13253/13).
Le PE a rejeté un paragraphe initial du projet de rapport réclamant un « cadre législatif approprié pour évaluer les demandes d’autorisation pour les aliments à base de cellules ». Il a d’ailleurs relevé, en adoptant le rapport de Mme Wiesner, que les aliments à base de cellules, qui sont produits grâce à la culture de cellules isolées de végétaux et d’animaux, « posent des problèmes éthiques, sociaux, environnementaux et économiques, et que le règlement relatif aux nouveaux aliments est inadapté » pour traiter de ce sujet.
Nouvelles techniques génomiques. Le PE est beaucoup plus allant sur les nouvelles techniques génomiques (NTG). Les eurodéputés estiment qu’il sera « impossible » d’accroître la production de protéines végétales sans matériel végétal de bonne qualité et que les nouvelles techniques de sélection « ouvriront de grandes perspectives pour développer des plantes adaptées aux régions et des espèces optimisées pour les conditions européennes ». Le PE demande l’adoption rapide d’un cadre adapté aux nouvelles techniques de sélection pour permettre un développement plus rapide de nouvelles variétés végétales robustes, y compris des protéagineux.
Par ailleurs, le PE a rejeté un amendement de plusieurs eurodéputés S&D et Verts/ALE indiquant que le fait de diminuer la production et la consommation de protéines d’animaux d’élevage dans l’Union européenne, en particulier d’animaux élevés dans des systèmes intensifs basés sur l’alimentation animale, « réduirait la forte dépendance à l’égard des protéines végétales destinées aux aliments pour animaux ».
Lors du débat avant le vote, Mme Wiesner a déclaré : « Nous devons produire davantage de protéines plus durables en Europe ». Parmi les mesures concrètes visant à accroître la production de protéines en Europe, elle a cité l’amélioration du matériel végétal grâce à de nouvelles techniques de sélection et une autorisation plus efficace et plus simple des nouveaux aliments. « Les agriculteurs peuvent nourrir leurs animaux avec des farines de protéines provenant des prairies et de l'herbe du coin et non avec du soja importé du Brésil », a conclu Emma Wiesner.
La Commission y travaille. Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a indiqué que la Commission préparait, pour le premier trimestre de 2024, un plan pour les protéines qui s'appuiera sur le rapport de 2018 sur les protéagineux, en intégrant les réalités actuelles du marché et les objectifs de la stratégie ‘de la ferme à la table’. La Commission analysera les aspects de l'offre et de la demande de protéines et la dépendance de l’UE à l'égard des importations. (Lionel Changeur)