La quasi-totalité des membres du Parlement européen qui sont intervenus jeudi 11 mai en plénière sur le sujet ont demandé une législation au niveau de l’UE visant à interdire la mise à mort des poussins mâles.
« Nous devrions nous demander si des raisons purement économiques peuvent justifier des massacres systématiques à si grande échelle », a indiqué Valdis Dombrovskis, le commissaire européen au Commerce. L'expérience de l’interdiction en Allemagne et en France « nous aide à comprendre les différents aspects qu'une telle interdiction pourrait avoir ainsi que les alternatives disponibles », a-t-il dit (EUROPE 13142/20).
La situation concernant la pratique de l'abattage des canetons femelles est assez différente, selon la Commission. L'institution estime n'avoir « aucune preuve » de distorsion du marché dans ce domaine qui justifierait une intervention de l'UE. « La Commission n'a donc pas inclus l'interdiction de tuer les canetons femelles dans les options qu'elle a retenues pour réviser la législation communautaire sur le bien-être des animaux », a précisé Valdis Dombrovskis.
Sans surprise, les eurodéputés ont réclamé des règles de l’UE pour interdire la mise à mort des poussins. Sirpa Pietikäinen (PPE, finlandaise) a demandé de mettre un terme à ce processus inhumain et Seán Kelly (PPE, irlandais) ne veut plus de ces actes de barbarie.
Carmen Avram (S&D, roumaine) a demandé des fonds de l’UE pour aider les exploitants à utiliser les dernières techniques de sexage des œufs. Michal Wiezik (Renew Europe, slovaque) et Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise) ont aussi prié la Commission d’agir par une interdiction explicite de la mise à mort des poussins. Enfin, Anna Zalewska (CRE, polonaise) a souligné le besoin de tenir compte des coûts générés en raison de cette interdiction.
L'étude d'impact de la Commission sur la révision de la législation sur le bien-être animal couvre bien le sujet de l'abattage systématique des poussins mâles, a confirmé Valdis Dombrovskis (EUROPE 13167/4). (Lionel Changeur)