Réunis pour la session plénière du Parlement européen à Strasbourg, les eurodéputés ont débattu, mercredi 10 mai, de la lutte contre le cyber-harcèlement des jeunes dans l’UE. Tous les groupes politiques sont convenus que l’Union doit faire davantage pour prévenir et lutter contre le harcèlement numérique, dénonçant tour à tour une « pandémie de cyber-harcèlement » ou encore « le visage moderne de la violence ».
Invitée par le PPE, Jackie Fox a suivi leurs interventions depuis les tribunes. Suite au suicide de sa fille, Nicole ‘Coco’ Fox, harcelée sur Internet, cette mère de famille a milité pour que le partage non consenti de photos intimes en ligne soit criminalisé en Irlande. Elle souhaiterait désormais que la « loi Coco », entrée en vigueur en 2021, soit reproduite dans l’ensemble de l’UE (EUROPE 13173/1).
Également présent, Didier Reynders, commissaire à la Justice, a rappelé pour sa part que l’UE dispose déjà d’un arsenal visant à sécuriser l’espace numérique.
Par exemple, la législation sur les services numériques (DSA) et la directive sur les services de média audiovisuels (DSMA) obligent les plateformes à prendre des mesures pour protéger leurs utilisateurs mineurs. En parallèle, la Commission européenne a adopté une stratégie pour un meilleur Internet pour les enfants (BIK+) en 2022, qui vise aussi bien à protéger qu’à responsabiliser les enfants sur Internet. « Nous voulons aussi réviser la directive sur les droits des victimes […] et nous essayons de convaincre les États membres d'étendre la liste des ‘eurocrimes’ aux crimes de haine », a-t-il ajouté.
Enfin, la proposition de directive visant à lutter contre les violences faites aux femmes propose de criminaliser les cyber-violences de genre. « Si elle est adoptée, cette législation sera la première de l'UE dans ce domaine et permettra de sauver des vies », a souligné la corapportrice, Frances Fitzgerald (PPE, irlandaise), en amont du débat. « La lutte contre le cyber-harcèlement doit être menée au niveau de l'UE afin de garantir que les citoyens européens bénéficient du même niveau de protection contre les abus en ligne », a-t-elle également plaidé. (Hélène Seynaeve)