Un an après l’adoption de la stratégie de l’UE ‘renforçant les établissements d'enseignement supérieur pour l'avenir de l’Europe’ (EUROPE 12871/4, 12927/22), la Commission européenne s’est félicitée, mercredi 5 avril, des « progrès réalisés ». Du côté du secteur, si les initiatives sont prometteuses, il est encore tôt pour évaluer l'impact sur le terrain.
Label « diplôme européen »
La Commission rappelle que 90 universités et 17 ministères participent à 10 projets pilotes Erasmus+ pour élaborer un label « diplôme européen » (EUROPE 13111/29). Ce label attestera des connaissances acquises dans le cadre de programmes délivrés dans plusieurs établissements, dans plusieurs pays et dans plusieurs langues, notamment grâce aux possibilités de mobilité offertes par Erasmus+.
Ce label représente un premier pas vers la création d’un diplôme européen. Plus largement, son développement s'inscrit dans la volonté de la Commission et des États membres d’aller vers une reconnaissance automatique des qualifications dans l’UE (EUROPE 13157/22).
Alliances universitaires
Par ailleurs, la Commission se félicite de la création de 44 alliances européennes universitaires regroupant 340 institutions. Prévues par l’initiative « universités européennes » de la stratégie, elles sont, à leur tour, financées par le programme Erasmus+.
Alors que celles-ci sont confrontées à des défis de financement et de gouvernance (EUROPE 13106/4), quatre des 10 projets pilotes Erasmus+ plancheront sur l’éventuelle mise en place d’un nouveau statut juridique pour les alliances.
Une carte d’étudiant européenne
Enfin, l’institution souligne l’introduction d’un identifiant unique des étudiants de l’UE, à travers l’initiative pour une carte d’étudiant européenne (European Student Card Initiative), censé faciliter la mobilité des étudiants et numériser les démarches administratives.
Tout en reconnaissant les efforts, Anna-Lena Claeys-Kulik, directrice adjointe de l’Association européenne des universités, estime qu'« un an après l'adoption de la stratégie, il est encore trop tôt pour voir ce que ces nouvelles initiatives pourraient changer concrètement sur le terrain ».
En outre, « il est également important que les États membres s'efforcent d'éliminer les barrières réglementaires et les obstacles à la coopération transnationale au niveau national », a-t-elle ajouté, soulignant que les mesures européennes ne peuvent être que « complémentaires » à des politiques nationales. (Hélène Seynaeve)