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Bulletin Quotidien Europe N° 13159
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

à La Haye, Emmanuel Macron appelle à une Europe plus souveraine

Le Président français, Emmanuel Macron, a détaillé sa vision d'une Europe plus souveraine à l'institut Nexus à La Haye, mardi 11 avril, dans le cadre de sa visite aux Pays-Bas. L'Union européenne doit, selon lui, réduire sa dépendance et renforcer sa souveraineté. Une telle démarche doit notamment lui permettre de « choisir ses partenaires et son propre destin », selon ses mots.

La souveraineté, y compris économique, de l'UE doit se baser sur cinq grand piliers, d'après le Président français : la compétitivité, une politique industrielle, la protection des citoyens, la réciprocité dans les relations extérieures et la coopération sur le plan multilatéral.

Il a insisté sur les dépendances de l'UE dans de nombreux domaines stratégiques et développé les différents moyens de les réduire à travers les cinq piliers. Les récentes propositions de la Commission européenne, comme l'acte pour une industrie 'zéro émission nette' (EUROPE 13143/1), les subventions pour la transition verte, les outils de défense commerciale ou encore les accords de libre-échange qui respectent l'Accord de Paris, sont autant de pas dans la bonne direction, pour le Président français.

D'un point de vue plus géopolitique, Emmanuel Macron a appuyé l'idée d'une Europe qui ne s'aligne pas systématiquement sur les positions de certains alliés. « Si vous acceptez de perdre votre souveraineté, si vous acceptez de dépendre des autres puissances, vous vous mettez dans une position où nous n'êtes pas en mesure de faire vos propres choix », a-t-il indiqué.

Ces mots du Président résonnent avec ceux qu'il a prononcés lors d'un entretien avec plusieurs médias publié le 9 avril. De retour de Pékin, il avait affirmé, devant quelques journalistes, que l'UE ne devait pas nécessairement « s'adapter à l'agenda des autres », en l'occurrence celui de Washington, sur les questions de sécurité, notamment dans le détroit de Taïwan. 

Le piège pour l'Europe serait, selon lui, qu'elle « soit prise dans un dérèglement du monde et des crises qui ne seraient pas les siennes », avait-il indiqué aux journalistes. 

Cette position a soulevé de nombreuses réactions aux États-Unis et dans l'UE. À commencer par les partisans d'une alliance transatlantique forte. « Pour protéger notre liberté, les démocraties doivent se tenir ensemble en défense d'un monde basé sur les règles, en Ukraine et à Taïwan. Nous devons renforcer notre alliance avec les États-Unis ! », a déclaré le président du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber.

Pour son compatriote du groupe Verts/ALE et président de la délégation pour les relations avec la Chine au Parlement européen, Reinhard Bütikofer, la visite d'Emmanuel Macron à Pékin a été « un désastre ». « Le rêve chimérique d'une 'autonomie stratégique' de l'UE pour devenir une 'troisième superpuissance' n'a pas lieu d'être », selon lui.

De nombreux commentateurs ont mal perçu la volonté de distanciation du Président français par rapport aux États-Unis sur le plan géopolitique. Le sénateur américain Marco Rubio (républicain) s'est demandé si M. Macron s'exprimait au nom de l'UE, avant de rappeler l'effort américain pour soutenir l'Ukraine dans ce qui est « une guerre européenne », selon lui.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, parti pour Washington le 11 avril, a indiqué que l'alliance avec les États-Unis était « le fondement de la sécurité » européenne, et qu'elle serait la première priorité de la Présidence polonaise du Conseil de l'UE. Celle-ci se tiendra au premier semestre 2025. 

Quant à la Commission européenne, dont la présidente, Ursula von der Leyen, a participé à une réunion avec Emmanuel Macron et le Président chinois, Xi Jinping, le 6 avril (EUROPE 13158/2), elle n'a pas souhaité commenter les propos du Président français. Son porte-parole, Eric Mamer, a seulement rappelé la position de l'UE sur Taïwan, à savoir le respect du principe « une seule Chine », et l'opposition « à tout changement unilatéral du statu quo », y compris par la force.

Il a également estimé que « les actions de l'UE vis-à-vis de la Chine, mais également de ses propres capacités », étaient ce qui comptait le plus. Du reste, il a renvoyé au discours de Mme von der Leyen sur la Chine prononcé le 30 mars (EUROPE 13153/17).

Le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, se rendra à son tour à Pékin, du 13 au 15 avril, pour traiter de politique étrangère, de questions régionales et de relations bilatérales. (Léa Marchal)

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