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Bulletin Quotidien Europe N° 13158
ACTION EXTÉRIEURE / Chine

à Pékin, Ursula von der Leyen insiste sur les relations économiques déséquilibrées entre l'UE et Pékin

Lors de sa rencontre avec le président chinois, Xi Jinping, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé son inquiétude sur les relations commerciales « de plus en plus déséquilibrées » entre les deux parties, a-t-elle indiqué lors d'une conférence de presse à Pékin, mercredi 6 avril. « Nous avons discuté de cela, car cette trajectoire n'est pas durable », a-t-elle ajouté. 

Elle a évoqué les barrières commerciales auxquelles font face certains acteurs économiques européens en Chine, en particulier dans le domaine agroalimentaire ou médical. Elle a dénoncé des « conditions démesurées » appliquées par Pékin, que ce soit en matière de transfert de technologies ou d'exigences d'informations excessives. 

Dans ce contexte, l'UE se doit d'être « plus vigilante sur ses dépendances », a-t-elle indiqué. Et de préciser à nouveau que cela n'équivaut pas à la « distanciation », mais plutôt à « une réduction des risques » (EUROPE 13153/17). 

De la même manière que lors de son discours à Bruxelles le 30 mars à propos des relations UE/Chine, la présidente de la Commission européenne a évoqué le besoin pour l'UE de prendre en compte les risques liés à l'exportation de biens à double usage.

Au-delà d'un possible instrument de l'UE pour contrôler les exportations et investissements dans ce secteur, le problème doit être résolu par le dialogue, a-t-elle affirmé. C'est pourquoi elle a indiqué s'être entendue avec le Président chinois pour redémarrer le dialogue économique et commercial de haut niveau UE-Chine ainsi que celui sur le numérique. Ceux-ci « devraient être organisés rapidement afin de progresser et produire des résultats tangibles », selon elle.

La dernière réunion du dialogue économique et commercial de haut niveau UE/Chine s'est tenue en juillet 2022 entre le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, et le vice-premier ministre chinois, Liu He (EUROPE 12996/3).

Quant à l'accord d'investissement UE/Chine, il n'a pas fait l'objet d'échanges entre Mme von der Leyen et M. Xi Jinping, d'après la présidente. Il est toutefois clair, du côté européen, que l'accord doit faire l'objet d'une réévaluation, a-t-elle ajouté. 

Le président chinois n'était pas aux côtés d'Ursula von der Leyen lors de sa conférence de presse, mais a fait une déclaration conjointe avec le président français, Emmanuel Macron, plus tôt dans la journée du 6 avril. À cette occasion, il a indiqué que la Chine œuvrait « à une ouverture de haut niveau sur l'extérieur ».

La Chine doit user de son influence sur la Russie

Devant les médias, la présidente de la Commission a également appelé la Chine à faire pression sur la Russie, dans le contexte de la guerre en Ukraine.

« La Chine connaît bien la Russie et, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, elle a la responsabilité très nette d'user de son influence pour un développement positif », a-t-elle expliqué.

Mme von der Leyen a précisé attendre de Pékin qu’il promeuve une paix juste qui respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale de l’Ukraine. De plus, elle a appelé la Chine à ne pas fournir d'équipement militaire directement ou indirectement à la Russie. « Armer l'agresseur est une violation flagrante du droit international. Cela nuirait considérablement aux relations entre l'UE et la Chine », a prévenu la présidente de la Commission.

Elle a expliqué que Xi Jinping - qui a rencontré récemment le président russe à Moscou - avait réitéré sa volonté de parler avec le président ukrainien - qui a souhaité un tel dialogue - « quand les conditions et le temps seront appropriés ». Elle a qualifié cette réponse d' « élément positif ».

Plus tôt dans la journée, le président chinois avait appelé à relancer « au plus vite » les pourparlers de paix, à prendre en compte les préoccupations sécuritaires « légitimes » des deux parties, à rechercher un règlement politique et à bâtir une architecture sécuritaire européenne « équilibrée, effective et durable ».

Xi Jinping avait aussi lancé un appel à la communauté internationale à se « retenir de tout acte susceptible de conduire à une nouvelle détérioration et même à un dérapage de la crise ». Il avait également appelé au respect du droit humanitaire international et à éviter les attaques contre les civils et les infrastructures civiles.

Mme von der Leyen a également rappelé qu'Européens comme Chinois étaient opposés à l’utilisation d'armes nucléaires. Aux côtés de M. Macron, Xi Jinping avait appelé au respect des engagements pris de ne pas utiliser les armes nucléaires et à ce qu’il n’y ait pas d’attaques armées contre des centrales nucléaires et des installations nucléaires civiles (EUROPE 13129/2).

Appel au statu quo dans le détroit de Taïwan

Interrogée sur la situation à Taïwan, Mme von der Leyen a estimé que la « stabilité dans le détroit de Taïwan (était) d'une importance capitale ». La Chine a déployé plusieurs navires de guerre autour de Taïwan après une rencontre aux États-Unis entre la présidente taïwanaise et le président républicain de la Chambre des représentants.

« Nous avons clairement intérêt à préserver cette stabilité, la paix et le statu quo dans le détroit », a expliqué la présidente de la Commission. « Le recours à la force pour le modifier est inacceptable. Il est important que les tensions qui pourraient survenir soient résolues pacifiquement », a-t-elle prévenu.

Par ailleurs, Mme von der Leyen a expliqué avoir abordé la question des droits de l’homme avec les dirigeants chinois et exprimé sa « profonde inquiétude » quant à la détérioration de la situation des droits de l'homme en Chine, citant la situation particulièrement préoccupante au Xinjiang. « Il est important que nous continuions à discuter de ces questions », a-t-elle plaidé. (Léa Marchal et Camille-Cerise Gessant)

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