Les autorités allemandes ont récemment transmis à la Commission européenne leur position sur la réforme à venir du cadre européen de gouvernance économique alors que l'institution de l'Union européenne peaufine sa proposition législative sur la base des orientations du Conseil 'Écofin' en vue d'une présentation programmée mercredi 26 avril (EUROPE 13141/22).
Sur plusieurs points, l'Allemagne introduit des lignes rouges de nature à durcir les négociations à venir avec les États membres, notamment les pays les plus endettés. Elle préconise notamment des règles quantitatives communes pour la réduction de la dette des États membres, certes moins strictes que la règle dite 'des 1/20e', jamais appliquée, car contre-productive. Ainsi, selon Berlin, les États lourdement endettés devraient réduire leur taux d'endettement de 1%, tandis que les pays dont la dette publique dépasse 60% du PIB devraient réduire celle-ci à un rythme d'au moins 0,5% par an jusqu'à ce que le taux d'endettement redescende sous la barre de 60% du PIB, a rapporté le quotidien Handelsblatt jeudi 6 avril.
Le ministère allemand des Finances avance également l'idée de faire augmenter les dépenses publiques annuelles d'un pays de l'UE plus lentement que sa croissance potentielle.
En revanche, conscientes de la nécessité de réaliser des investissements colossaux dans les transitions climatique et énergétique, les autorités allemandes envisageraient des incitations budgétaires pour les dépenses dans ces secteurs en ne les imputant pas totalement à la dette publique. (Mathieu Bion)