La Présidence suédoise du Conseil de l’UE a soumis au groupe de travail chargé de l’éducation, lundi 3 avril, un projet de conclusions visant à « faire de la reconnaissance mutuelle automatique dans le domaine de l'éducation et de la formation une réalité ». S’il reste en cours d’élaboration, le texte défend la nécessité d’accroître le niveau de confiance entre les différents systèmes éducatifs.
« En dépit des progrès, l'absence de reconnaissance mutuelle automatique des qualifications et des acquis des périodes d'apprentissage à l'étranger continue d'entraver la mobilité de l'apprentissage dans l'UE », concède la Présidence, reprenant à son compte un rapport de la Commission européenne (EUROPE 13128/19).
Intensifier les efforts
La Suède compte donc exhorter les pays de l’UE à intensifier leurs efforts. Elle leur demande, par exemple, de s’assurer qu’une qualification donnant accès à un certain niveau d’enseignement supérieur délivrée par un État membre donne automatiquement accès au même niveau dans un autre pays de l’Union.
Elle les appelle également à soutenir les établissements d’enseignement supérieur dans la mise en place de processus de reconnaissance et à communiquer des informations pertinentes sur le sujet aussi bien aux parties prenantes qu’aux citoyens. « Cela permettra aux citoyens et aux apprenants de comprendre les possibilités que la reconnaissance mutuelle automatique leur offre pour étudier à l'étranger et de soutenir une approche cohérente des autorités compétentes en matière de reconnaissance », précise-t-elle.
Par ailleurs, le texte veut encourager la coopération avec le Réseau européen des centres nationaux d'information sur la reconnaissance académique pour « éviter les incohérences » entre différents processus de reconnaissance. L’expertise du réseau, ajoute-t-il, peut aussi être mobilisée pour évaluer les systèmes de reconnaissance existants.
Vers plus de confiance
Plus largement, la Présidence suédoise estime qu’une « confiance renforcée » entre les différents systèmes éducatifs de l’Union est indispensable pour « promouvoir la reconnaissance mutuelle automatique des qualifications et des acquis des périodes d'apprentissage à l'étranger », et ce, dès les études secondaires.
Elle appelle, d’une part, à « faciliter les périodes d’apprentissage de longue durée à l’étranger » ainsi que « les échanges entre le personnel, les institutions, les autorités et les autres acteurs concernés » à travers le programme Erasmus+.
D’autre part, elle souhaite que les pays de l’UE échangent et renforcent « la confiance et la transparence entre les systèmes d'éducation et de formation ». À cet égard, elle juge notamment que les mécanismes « d’assurance externe de qualité » (soit le fait d’évaluer si un établissement d’enseignement supérieur reste aligné avec une série d’objectifs établis) doivent être menés par des agences enregistrées auprès du Registre européen d'assurance qualité pour l'enseignement supérieur (EQAR).
Enfin, la Présidence appelle à « tirer pleinement parti des outils du processus de Bologne et de l’UE », y compris le processus de Copenhague et les outils élaborés avec le soutien d’Erasmus+.
Ces conclusions s’ajouteront à des conclusions du Conseil de 2018 avec lesquelles les États membres se sont déjà engagés à introduire la reconnaissance automatique d’ici 2025.
Lire le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/67x (Hélène Seynaeve)