Le président du Conseil européen, Charles Michel, souhaite que les dirigeants de l'Union européenne discutent de la réponse socioéconomique à la crise énergétique provoquée par l'agression armée russe de l'Ukraine, lors du sommet européen des jeudi 20 et vendredi 21 octobre à Bruxelles. La question de mettre au point « des solutions européennes communes » est notamment posée.
« Nos perspectives économiques dépendront, dans une large mesure, de la manière dont nous gérerons notre crise énergétique. En corollaire à notre discussion sur l'énergie, j'aimerais que nous nous concentrions également sur la coordination efficace de notre réponse en matière de politique économique, notamment avec le soutien de solutions européennes communes », a indiqué M. Michel, dans sa lettre d'invitation au sommet.
La question d'un nouvel endettement européen pour aider les ménages et les entreprises à faire face à la flambée des prix et à investir dans la transition climatique divise les États membres.
Certains dirigeants plaident pour une nouvelle initiative européenne de solidarité sur le modèle de l'initiative SURE d'aide aux régimes nationaux de chômage partiel tandis que d'autres pointent le fait que les montants disponibles via le Plan de relance européen Next Generation EU sont loin d'avoir été dépensés, a résumé une source européenne, mercredi 19 octobre.
Les pays partisans d'un nouvel instrument financier européen, comme la France, l'Espagne ou l'Italie, font valoir que tous les États membres ne disposent pas de la même marge de manœuvre pour soutenir leur économie et qu'une telle différence de capacité d'action est de nature à remettre en cause l'intégrité du marché intérieur.
Daté de mardi 18 octobre, le dernier projet de conclusions du Conseil européen indique que « tous les instruments pertinents aux niveaux national et européen devraient être mobilisés », tout en gardant à l'esprit la nécessité de « préserver l'intégrité du marché intérieur de l'UE ».
La Commission européenne devrait d'ailleurs présenter rapidement un cadre révisé pour les aides d'État.
S'il est légitime de trouver des solutions pour les ménages et les entreprises, la question posée est celle des « effets distorsifs » liés à des capacités différentes d'action et une telle situation justifie une discussion sur les moyens à disposition pour aider les pays qui en ont besoin, a-t-on indiqué à l'Élysée, dans l'entourage du président français.
Côté allemand, on s'attend à une discussion intense entre les Vingt-sept. Les autorités allemandes préconisent d'exploiter au maximum les capacités de Next Generation EU, un instrument jugé flexible, et elles font valoir le fait que des discussions sur un nouvel instrument seraient longues et fastidieuses.
Cette position est partagée par les pays frugaux sur le plan budgétaire, comme la Finlande, la Suède et les Pays-Bas. Pour les autorités néerlandaises, ce n'est qu'après avoir consommé les fonds non utilisés qu'on pourra envisager des options pour venir en aide à un pays nécessitant une aide supplémentaire.
Voir le projet de conclusions du Conseil européen daté du 18 octobre : https://aeur.eu/f/3oj (Mathieu Bion avec la rédaction)