En Afrique du Sud, où il a achevé une visite officielle mardi 19 juillet, comme en Zambie précédemment, où se tenait une réunion de coordination de l'Union africaine (UA), le président du Conseil européen, Charles Michel, s'est fait le chantre d'une alliance pour relever ensemble les défis mondiaux - « des défis multiformes » -, mais aussi du pragmatisme pour donner corps aux grands projets d'investissements, dont le principe avait été retenu lors du dernier sommet Union européenne/Union africaine, en particulier dans le domaine de l'énergie propre.
« L'UE et l'Afrique du Sud sont des partenaires majeurs capables de trouver des solutions équitables et durables aux problèmes mondiaux. Nous nous sommes engagés à travailler ensemble sur la sécurité alimentaire, la stabilité au Mozambique, et à faire progresser nos relations commerciales florissantes », a déclaré M. Michel sur son compte Twitter, remerciant le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, de son accueil.
Il y a cinq mois, le sixième sommet UE/Union africaine de Bruxelles avait inauguré un « nouveau logiciel pour notre partenariat stratégique », avec à la clé un paquet d'investissement de 150 milliards d'euros 'Afrique-Europe' promis par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, au titre du Global Gateway (EUROPE 12894/1).
M. Michel l'a rappelé dans le discours qu'il a prononcé le 17 juillet à Lusaka, lors de la quatrième réunion de coordination semestrielle de l'UA accueillie par le président zambien, Hakainde Hichilema.
« Soyons concrets ! », a-t-il imploré, appelant au respect des engagements pris. Et de citer comme grands projets « sur le papier », qui sont à concrétiser : « des interconnexions électriques, par exemple entre la Zambie et la Tanzanie, entre l'Angola et la Namibie, la RDC et la Zambie, des investissements massifs dans le potentiel gigantesque des énergies renouvelables, par exemple le développement de l'hydrogène propre en Namibie et ailleurs ».
Il a également souligné que « des investissements dans le transport routier et ferroviaire pour relier et pour rapprocher » ont été amorcés, citant notamment « le projet Dakar-Abidjan ou Mombassa-Kisangani ».
M. Michel a également cité comme ligne de force du partenariat UE/UA les transferts de technologie permettant la production en Afrique de vaccins expérimentaux à ARN-messager. « Nous travaillons avec vous pour que ces vaccins soient achetés au niveau international, par exemple via GAVI/COVAX », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le président du Conseil européen a réitéré la disponibilité de l'UE a soutenir la zone de libre-échange continentale africaine.
Évoquant la guerre en Ukraine et la crise alimentaire qui se profile, il a mis en exergue le soutien financier de l'UE « pour mobiliser de l'aide humanitaire urgente en direction des populations vulnérables » en Afrique (EUROPE 12976/15) et les efforts de celle-ci « pour soutenir la production agricole en Afrique et pour faire en sorte que l'accès aux intrants, y compris des fertilisants, soit une réalité ».
Il a en outre dit soutenir « sans réserve » le plaidoyer du président de l'Union africaine, Macky Sall, pour garantir à l'Afrique un siège au G20. (Aminata Niang)