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Bulletin Quotidien Europe N° 12974
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Répercussions mondiales de la guerre en Ukraine, Égypte et Corne de l’Afrique à l’agenda des ministres européens

Les répercussions au niveau mondial de la guerre en Ukraine, l’Égypte et la Corne de l’Afrique sont les trois grands sujets dont débattront les ministres européens des Affaires étrangères, réunis en Conseil de l'UE, lundi 20 juin à Luxembourg. La sécurité alimentaire mondiale et les risques de famine en Afrique seront le fil rouge de ces discussions. 

Impact mondial de la Guerre en Ukraine. Les ministres discuteront de la situation sur le terrain et l'aide apportée par l'UE à l'Ukraine, mais la discussion portera principalement sur la sécurité alimentaire et énergétique, indiquait vendredi un haut fonctionnaire européen.

Plus de 20 millions de tonnes de céréales ukrainiennes étant toujours bloquées dans le port d'Odessa, ils réfléchiront aux moyens d'accroître le soutien de l'UE aux pays vulnérables dépendant des importations de céréales d'Ukraine et de Russie, au-delà de l'aide déjà mobilisée.

L'UE et ses États membres ont déjà promis un milliard d'euros pour les régions africaines du Sahel et du lac Tchad et plus de 600 millions d'euros pour la Corne de l'Afrique, sans compter la facilité alimentaire de 225 millions d'euros établie pour le voisinage sud de l'UE (Moyen-Orient et Afrique du Nord).

« Hier, quatre dirigeants européens étaient à Kiev » - le chancelier allemand, Olaf Scholz, le président français, Emmanuel Macron, le Premier ministre italien, Mario Draghi, et le président roumain, Klaus Iohannis ; « cela montre la qualité du dialogue de l’UE et des autres partenaires, en particulier pour la sécurité alimentaire », selon un diplomate européen qui s'exprimait vendredi 17 juin.

Cette visite a notamment permis d'explorer la possibilité de créer éventuellement une voie d'acheminement, par la Roumanie, des céréales bloquées en mer Noire.

« Le Conseil adoptera des conclusions sur la sécurité alimentaire. Elles souligneront que la Russie est seule responsable de la crise alimentaire, qu’il n’y a pas de responsabilité des sanctions européennes », déclarait vendredi une source diplomatique.

Elles insisteront sur le renforcement des efforts de solidarité de l’UE envers les pays les plus vulnérables, en lien avec le G7 et les trois piliers de l’initiative FARM mise en œuvre dans un cadre multilatéral. Le projet de conclusions du Conseil européen reprend ces éléments (EUROPE 12973/23).

 Le programme alimentaire mondial (PAM) estime que le nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire, qui est passé de 135 millions avant la pandémie à 276 millions au début de 2022, atteint désormais 323 millions du fait de la guerre en Ukraine : le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, l'a rappelé jeudi 16 juin devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Il a également demandé instamment à tous « d'aider à mettre fin à la guerre, à rétablir la souveraineté de l'Ukraine et à faire en sorte que les retombées mondiales soient contenues, en particulier la crise alimentaire croissante ».

Au-delà de la question de la sécurité alimentaire, les ministres reviendront sur le soutien qui peut être apporté à l'Ukraine, que ce soit au niveau militaire, humanitaire ou économique et financier. Selon un projet de conclusions du Conseil européen (EUROPE 12973/22), les dirigeants rediscuteront du sujet en fin de semaine.

Alors que la Commission européenne a présenté, vendredi 17 juin, son avis sur l’octroi du statut de candidat à l’adhésion à l’UE de l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie (voir autre nouvelle), le sujet ne devrait pas faire l’objet d’une discussion, selon plusieurs diplomates. Cependant, selon l’un d’entre eux, rien n’empêche les ministres de donner l’avis de leur pays sur l’octroi du statut.

De même, interrogé sur l’adoption de sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, un haut fonctionnaire européen a précisé que, « s'il y a des discussions constantes entre les États membres » sur les sanctions, ces derniers ne sont pas dans une démarche de préparer officiellement un nouveau paquet de sanctions, mais que les discussions se poursuivaient.

Égypte. Après la visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au Caire mercredi, et un Conseil d’association UE/Égypte dimanche dans la soirée, les ministres discuteront de l’Égypte, d’abord entre eux, puis avec leur homologue égyptien, Sameh Choukri, lors d’un déjeuner informel. 

Les ministres auront une discussion sur l'aide à l'Égypte, un pays particulièrement touché par la crise alimentaire et avec lequel l'UE entend coopérer pour soutenir le renforcement de sa production agricole par les nouvelles technologies, en vue d'accroître sa résilience et de contribuer aussi à celle d'autres pays, d'Afrique notamment. Mme von der Leyen l'a souligné lors de sa récente rencontre au Caire avec le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi (EUROPE 12973/23).

Les discussions porteront également sur la préparation de la COP27 sur le climat - dont l'Égypte assurera la présidence et qui se tiendra à Sharm el Sheikh -, la stabilité de la région et des relations bilatérales, y compris des droits de l’homme.

Corne de l'Afrique. Les ministres auront un échange de vues sur les enjeux de la sécurité alimentaire dans une région d'Afrique particulièrement sensible aux risques de famine et de malnutrition aiguë.

Ils feront aussi le point sur la situation dans les différents pays un an après l'adoption de la stratégie intégrée renforcée de l'UE pour la Corne de l'Afrique (EUROPE 12717/3). 

L'amélioration de la situation en Somalie depuis que le pays s'est doté d'un nouveau gouvernement et les progrès en Éthiopie concernant le cessez-le-feu et l'accès humanitaire au Tigré devraient être abordés.

Golfe. Par ailleurs, les ministres devraient adopter des conclusions sur les relations avec le Golfe, en lien avec la présentation, le 18 mai, d’une communication conjointe sur la région (EUROPE 12956/25).

Selon un projet de conclusions daté du 15 juin et obtenu par EUROPE, le Conseil devrait saluer cette communication, « qui constitue une feuille de route opérationnelle et opportune en vue d'un partenariat stratégique avec les partenaires du Golfe », et appeler à sa mise en œuvre rapide et efficace. Il devrait affirmer que l’établissement d’un partenariat stratégique avec le Conseil de coopération du Golfe et ses États membres est une « priorité essentielle » pour l'UE, tout comme mettre en avant « l'interdépendance mutuelle et la nécessité d'une coopération étroite » entre l’UE et le Golfe. La coopération en matière d'économie et de commerce, d’énergie, de lutte contre le changement climatique, de droits de l’homme, de sécurité maritime ou de politique étrangère dans la région et en Afrique devrait être soulignée. 

Les conclusions devraient aussi revenir sur la situation de l’Iran, soulignant notamment que « la restauration et la remise en œuvre complète de l'accord sur le nucléaire peuvent contribuer de manière positive à la prospérité et à la sécurité régionales ».

Conclusions. Le Conseil adoptera aussi des conclusions sur la dimension extérieure de la lutte contre le terrorisme, adoptées traditionnellement chaque année en juin, et qui feront le point sur le travail de l’UE dans ce domaine. Le septième rapport sur la coopération UE/OTAN sera aussi adopté (EUROPE 12971/16).

Kazakhstan. Le Conseil sera suivi d’un Conseil de coopération UE-Kazakhstan, qui fera le point sur l'état d'avancement et les prochaines étapes de l'accord de partenariat et de coopération renforcé entre l'UE et le Kazakhstan. (Aminata Niang et Camille-Cerise Gessant)

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