La recommandation de la Commission européenne de maintenir, jusqu'à fin 2023, le gel du Pacte de stabilité et de croissance constitue « une évolution importante », parce qu'elle permettra aux États membres de maintenir une politique budgétaire « agile » en réaction aux conséquences économiques pour l'Union européenne de l'invasion russe de l'Ukraine, a estimé le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, lundi 23 mai (EUROPE 12958/1).
Mais « cette annonce ne modifie pas notre objectif de faire converger notre orientation budgétaire d'excédentaire cette année à neutre l'année prochaine », a-t-il ajouté.
Entérinée par le Conseil européen de printemps, la recommandation concernant la politique économique de la zone euro préconise un orientation expansionniste en 2022, à hauteur de 1% du PIB de l'Eurozone après 1,75% en 2021, puis globalement neutre en 2023, selon les prévisions de la Commission européenne (EUROPE 12839/1).
Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a ainsi noté une différence entre la décision, au déclenchement de la pandémie de Covid-19, d'activer la clause dérogatoire générale du Pacte, et celle de prolonger son activation jusqu'à fin 2023. « Nous sommes dans un environnement différent »: il y a deux ans, nous avions fourni un soutien budgétaire d'urgence « dans toutes les directions » tandis qu'aujourd'hui, nous transitons vers « un soutien plus ciblé et plus limité à l'intérieur d'un cadre définissant une orientation budgétaire globalement neutre » pour 2023, a-t-il noté.
Mardi, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a estimé que le maintien du gel des règles budgétaires l'année prochaine est « une décision sage et utile », qui procure les marges de manœuvre nécessaires pour « protéger nos citoyens contre la vie chère ». « Cela ne veut pas dire ouvrir tout grand les vannes de la dépense publique », car « le rétablissement progressif des finances publiques, la réduction de l'endettement public, reste notre objectif de long terme à tous », a-t-il souligné.
La veille, son homologue allemand, Christian Lindner, avait estimé que, pour lutter contre l'inflation, les États membres doivent consolider leurs finances publiques en réduisant le déficit et l'endettement publics. L'Allemagne appliquera de nouveau son « frein à l'endettement » à partir de l'année prochaine, avait-il indiqué.
L'Eurogroupe adoptera en juillet une déclaration sur l'orientation budgétaire de la zone euro pour 2023. (Mathieu Bion)