Aux côtés de Klaus Schwab, qui dirige le Forum économique mondial, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est fait le chantre, mardi 24 mai, de solutions mondiales à la crise alimentaire mondiale qui se profile, par « la coopération mondiale dans l’esprit de Davos ».
S'exprimant devant ce cénacle de l'élite mondiale réunissant chefs de gouvernement et grandes entreprises, elle a accusé la Russie de « confisquer les stocks de céréales », de « bloquer les navires ukrainiens remplis de blé et de graines de tournesol » et d’utiliser ses propres exportations de blé « comme une arme».
Et d'affirmer que « la coopération mondiale est l'antidote au chantage de Moscou ».
Évoquant les conséquences graves de la flambée du prix du blé sur les pays les plus vulnérables, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, elle a annoncé travailler avec le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, à « un événement sur la sécurité alimentaire et les solutions en Europe et dans la région ».
« Il est temps de mettre fin aux dépendances malsaines. Il est temps de créer de nouvelles connexions. Il est temps de remplacer les anciennes chaînes par de nouveaux liens », a-t-elle déclaré.
Pour aider l'Afrique à sortir de sa dépendance à l'égard des importations alimentaires en augmentant ses capacités de production, Mme von der Leyen a estimé qu'il fallait absolument accroître la résilience du continent à l'augmentation des températures et aux sécheresses et miser pour cela sur « les technologies innovantes ».
« Dans le monde entier, des entreprises testent déjà des solutions de haute technologie pour une agriculture intelligente face au climat. L'irrigation de précision fonctionnant à partir d'énergie renouvelable, par exemple. Ou l'agriculture verticale. Ou encore les nanotechnologies, qui permettent de réduire l'utilisation de combustibles fossiles dans la production d'engrais », a-t-elle déclaré.
Aucune date n'est encore arrêtée pour l'initiative conjointe avec l'Égypte. Interrogée à ce sujet, la porte-parole adjointe de la Commission européenne a répondu qu'un calendrier serait fixé à l'issue des discussions en cours. (Aminata Niang)