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Bulletin Quotidien Europe N° 12938
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

La réélection d'Emmanuel Macron interprétée à Bruxelles comme une demande d'Europe plus forte

Outre les félicitations de nombreux dirigeants nationaux, les présidents des principales institutions de l'Union européenne ont exprimé leur satisfaction après que les Français ont reconduit Emmanuel Macron à la présidence de leur pays, dimanche 24 avril.

En déplacement en Inde (voir autre nouvelle), la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est réjouie de poursuivre l'« excellente » coopération avec le président français pour « faire avancer la France et l’Europe ». « En cette période tourmentée, nous avons besoin d’une Europe solide et d’une France totalement engagée pour une UE plus souveraine et plus stratégique », a affirmé le président du Conseil européen, Charles Michel. Et la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a estimé que l'« engagement européen sans faille » de M. Macron est « le bienvenu pour relever les défis » actuels.

Tous trois doivent beaucoup à M. Macron dans la décision des Vingt-sept de juillet 2019 relative à l'attribution des hautes fonctions européennes (EUROPE 12287/1).

Au Parlement européen, le soulagement a prévalu après la victoire d'une force politique pro-européenne assumée face à l'extrême droite prônant le repli national. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a notamment estimé qu'« une Europe forte a besoin d'une France forte ».

D'aucuns ont néanmoins mis en garde contre la progression des idées anti-européennes et souligné la nécessité de répondre au mécontentement exprimé à travers le vote contestataire, de droite comme de gauche.

Au nom du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber a notamment noté que cinq années de présidence macronienne avaient rendu « les populistes et les extrêmes plus forts que jamais ». « C'était peut-être le dernier coup de semonce », a-t-il prévenu, estimant que le concept politique de M. Macron avait « échoué ».

Interrogée sur les ondes de la radio nationale espagnole, la présidente du groupe S&D, Iratxe García Perez, a estimé que « l'Europe (devait) renforcer son projet politique », en faisant avancer « la justice sociale ». Le fait que le parti Rassemblement national (RN) de Mme Le Pen accède au deuxième tour des élections présidentielles françaises et améliore encore son score est « préoccupant », a-t-elle considéré.

Pour la coprésidente du Parti vert européen, la Belge Evelyne Huytebroeck, le soulagement s'arrête à l'ancrage de la France dans le projet européen. « Les politiques néolibérales qui détruisent les fondements sociaux de nos sociétés, sans s'attaquer à la crise écologique, ne sont pas une solution viable pour l'Europe et encore moins pour empêcher la montée de l'extrême-droite », a-t-elle considéré.

De son côté, le coprésident du groupe La Gauche, l'Allemand Martin Schirdewan, a exhorté la gauche progressiste européenne à créer « des offres politiques convaincantes » pour réussir la transformation socioécologique et défendre la démocratie.

Enfin, comme les eurodéputés issus du RN, le président du groupe Identité et Démocratie, l'Italien Marco Zanni, est déjà focalisé sur les élections législatives françaises de juin, convaincu que les résultats de ces élections confirmeront l'affaiblissement social de la France après cinq ans de présidence Macron. (Mathieu Bion)

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