À l’heure actuelle, il n’existe pas de position unifiée au sein de l’Union européenne sur la possibilité d’un embargo complet ou d’un tarif punitif sur les importations de pétrole et de gaz russes, a reconnu le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, lundi 25 avril, dans le journal allemand Die Welt.
Alors que certains États membres de l’UE tels que les pays baltes et la France souhaitent intégrer l’idée d’un embargo sur le pétrole russe dans le sixième paquet de sanctions à l’égard de la Russie en cours de préparation (EUROPE 12934/2), d’autres pays, en particulier l’Allemagne et la Hongrie, continuent de s’opposer à une limitation des importations de gaz et de pétrole russes en raison de son impact sur leurs économies.
Selon une estimation de la banque centrale allemande publiée le 22 avril, un embargo européen immédiat sur le gaz russe pourrait coûter à l’Allemagne jusqu’à 5% de son PIB par rapport aux prévisions à court terme de la Bundesbank datant de mars, soit un manque à gagner de 180 milliards d’euros.
Par rapport à l’année précédente, le PIB allemand chuterait d’un peu moins de 2%, alors que l’inflation pourrait gagner 1,5 point de pourcentage (pp) en 2022 et 2 pp en 2023, par rapport à un scénario sans embargo.
Voir le rapport de la Bundesbank (en allemand) : https://aeur.eu/f/1cv (Damien Genicot)