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Bulletin Quotidien Europe N° 12931
Invasion Russe de l'Ukraine / Agriculture

La France mobilise les organisations internationales pour la mise en œuvre de l’initiative FARM

La France a mobilisé, mardi 12 avril, les organisations internationales sises à Rome, afin d’organiser la mise en œuvre de l’initiative Food and Agriculture Resilience Mission (FARM) destinée à lutter contre l’insécurité alimentaire dans les pays tiers les plus vulnérables.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a indiqué devant la presse, après des rencontres à Rome, que l’objectif était d’aboutir, d’ici fin juin, sur les trois piliers (commercial, solidarité et production) de l’initiative FARM, à « un accord de partenariat bien identifié avec l’ensemble des acteurs qui contribueront à chacun de ces piliers » (EUROPE 12927/2).

Il faudra, a précisé M. Le Drian, clarifier le sujet le plus difficile lié au Programme alimentaire mondial (PAM), à savoir « la solidarité ». Il faudra s’assurer de l’existence de « quantités suffisantes qui arrivent dans les pays les plus vulnérables, à un prix qui soit acceptable, tout en ne perturbant pas le marché mondial des céréales notamment ».

Julien Denormandie, le ministre français de l’Agriculture, a expliqué que l’objectif était de créer une « dynamique politique » au niveau de la Commission européenne, des États membres et des organisations internationales comme le PAM, la FAO et le Fonds international de développement agricole (FIDA) « avec des solutions très concrètes ».

« Les outils dont les uns et les autres disposent ne sont pas les mêmes », a ajouté le ministre français. L’initiative FARM ne consiste pas uniquement en des aides d’urgence. Elle prévoit surtout « des solutions de moyen et long terme » (investissements) pour éviter une famine qui pourrait arriver dans 12 à 18 mois, a précisé Julien Denormandie.

La FAO aidera à lutter contre la spéculation (grâce à la transparence dans les stocks), le FIDA aidera à investir dans les pays qui pourraient avoir des difficultés et le PAM est « déterminé » à lutter contre cette crise alimentaire, a résumé M. Denormandie.

David Beasley, le directeur exécutif du PAM, a estimé que le problème était mondial et qu'il risquait de durer des années.

Les prix élevés des denrées alimentaires vont créer une « déstabilisation et des migrations de masse », a mis en garde M. Beasley. Il faut, selon lui, trouver des solutions pour soutenir les personnes dans le monde qui en ont le plus besoin. Il y a un manque de financement de 8 à 9 milliards de dollars, a estimé le directeur du PAM. 280 millions de personnes sont au bord de la famine après les diverses crises (Covid-19, guerre en Ukraine…), a lancé M. Beasley.

Il a rappelé que l’Ukraine permet de nourrir 400 millions de personnes en temps normal alors qu'en ce moment, en raison de la guerre, plus de 30 millions de tonnes métriques de céréales sont bloquées dans la région de la mer Noire. L’approvisionnement en engrais est problématique également.

Il faut ainsi agir maintenant pour compenser ce manque de céréales, a conclu David Beasley.

Le commissaire européen responsable de la Gestion des crises, Janez Lenarčič, a rappelé que la semaine dernière, à Paris, une aide d'un milliard de dollars a été annoncée pour lutter contre l’insécurité alimentaire au Sahel. D’autres évènements seront organisés pour soutenir les pays de la Corne de l’Afrique, a-t-il dit. (Lionel Changeur)

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