La Finlande et la Suède réfléchissent de plus en plus à une adhésion à l’OTAN, à la suite de l’agression russe de l’Ukraine.
Le 5 avril, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait expliqué que la Suède et la Finlande seraient les bienvenues si elles posaient leur candidature. « L'OTAN n'a pas exclu d'éventuels nouveaux membres et c'est à des pays comme la Suède et la Finlande de décider s'ils veulent adhérer », a ajouté le 12 avril le chef du comité militaire de l'Alliance, Rob Bauer, ajoutant que, pour l’instant, les deux pays n’avaient pas officiellement demandé cette adhésion.
Lundi 11 avril, à Luxembourg, le ministre des Affaires étrangères finlandais, Pekka Haavisto, a annoncé que son gouvernement présenterait un livre blanc sur la sécurité ce mercredi au Parlement finlandais. Ce dernier va ensuite discuter de tous les aspects d'une éventuelle adhésion à l'OTAN ou d'autres solutions de sécurité, puis le gouvernement tirera ses conclusions avec le président de la République, a expliqué le ministre. « L'objectif est bien sûr de parvenir à un consensus sur ce qui doit être fait », a ajouté M. Haavisto.
Peu de députés finlandais seraient opposés à l’adhésion.
En Suède, les sociaux-démocrates au pouvoir ont commencé, le 11 avril, un débat en leur sein sur la politique de sécurité, y compris une possible adhésion à l’OTAN. Il devrait s’achever avant l’été. L’opposition de droite, de son côté, compte déposer une candidature d'adhésion si elle obtient une majorité au Parlement lors des législatives de septembre.
Le ministre finlandais a expliqué avoir une excellente coopération avec son homologue suédoise. Il a précisé que les deux pays partageaient des informations et les calendriers « ouverts » de leurs pays.
« Mais les deux pays prennent des décisions indépendantes », a prévenu M. Haavisto. « Nous espérons que, si nous prenons des décisions similaires, nous les prendrons en même temps », a-t-il ajouté.
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, le soutien a une adhésion à l’OTAN a quasiment doublé dans ces pays, pour atteindre près de 50% en Suède et 60% en Finlande.
En attendant une possible adhésion à l'OTAN, Stockholm et Helsinki ont annoncé qu'elles allaient augmenter leurs dépenses de défense. La Suède va porter ses dépenses à 2% de son PIB, sans donner de date précise, et la Finlande va augmenter son budget de la défense de 40% d'ici 2026.
Lundi 11 avril, la Russie a estimé qu’une éventuelle adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Alliance atlantique n'apporterait pas de stabilité à l'Europe. « Nous avons dit à plusieurs reprises que l'Alliance reste un outil orienté vers la confrontation et que la poursuite de son expansion n'apportera pas de stabilité au continent européen », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. (Camille-Cerise Gessant)