Les ministres des Affaires européennes des pays de l'UE ont fait le point, mardi 12 avril à Luxembourg, sur les travaux de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, qui sont entrés dans la phase cruciale de restitution des débats citoyens, et sur la suite à donner aux conclusions qui seront tirées lundi 9 mai à Strasbourg.
Nous sommes dans « une phase de finalisation des propositions », a indiqué le Secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune. Dans le moment grave que nous vivons, ces travaux sont « nécessaires pour renforcer nos institutions, nos modes de fonctionnement et faire de l'UE une famille d'idées encore plus démocratique, plus souveraine et plus efficace », a-t-il estimé.
Programmée les vendredi 29 et samedi 30 avril à Strasbourg, une dernière assemblée plénière aura pour objectif d'arrêter, en les hiérarchisant, les propositions émanant des neuf groupes de travail thématiques (EUROPE 12930/22). Sur cette base, le comité exécutif sera chargé de finaliser les conclusions de la Conférence, qui seront transmises aux trois coprésidents, Roberta Metsola pour le Parlement européen, Ursula von der Leyen pour la Commission européenne et la Présidence française du Conseil de l'UE.
M. Beaune a fait état de discussions entre États membres « sur la méthode principalement du processus et sur la suite qui lui sera donnée » au Conseil de l'UE. Après le 9 mai, il appartiendra à chaque institution de l'UE, dans le respect de ses compétences, « de suivre et de mettre en œuvre les recommandations » de la Conférence en choisissant les priorités qui susciteront le plus de consensus, a relevé le secrétaire d'État.
Mardi, les débats ministériels n'auraient pas porté sur l'éventualité d'initier un processus menant à l'ouverture d'une Convention sur une réforme institutionnelle de l'UE. C'est en revanche ce que souhaitent une majorité d'eurodéputés participant à la Conférence qui siègent dans les groupes pro-européens du PE.
Le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, a assuré que l'institution de l'UE restait engagée à assurer un suivi des résultats de la Conférence.
À son arrivée à Luxembourg, la ministre croate, Andreja Metelko-Zgombić, a souligné l'importance que « toutes les contributions et les suggestions des citoyens (soient) fidèlement traduites dans les résultats de la Conférence ». Son homologue finlandaise, Tytti Tuppurainen, a rappelé que « l'objectif initial » de la Conférence était d'« écouter les citoyens ». D'après elle, les Finlandais souhaitent que l'UE produise des résultats dans les domaines de la sécurité et de la défense, de l'atténuation du changement climatique et de la protection des valeurs fondamentales communes. (Mathieu Bion)