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Bulletin Quotidien Europe N° 12872
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POLITIQUES SECTORIELLES / Espace

Josef Aschbacher précise le modèle de financement de la constellation sur la connectivité sécurisée

Le directeur général de l’Agence spatiale européen (ESA), Josef Aschbacher, a confirmé un budget de 6 milliards d’euros pour le projet de constellation européenne pour une connectivité sécurisée, lors d’un point presse, mardi 18 janvier.

Répondant à EUROPE, le directeur général a expliqué qu’il s’agissait d’un financement « 2+2+2 » . Il a ainsi indiqué que deux milliards d’euros proviendraient du secteur public. « L'ESA prépare une proposition visant à fournir une partie de la portion publique », a-t-il déclaré, indiquant que « l’hypothèse de travail » actuelle tourne autour de 750 millions d’euros.

« Mais, bien sûr, tout doit être négocié avec nos États membres et avec la Commission ; donc, tout cela est en cours », a-t-il ajouté. Poursuivant, Élodie Viau, à la tête de la direction des télécommunications de l'ESA, a confirmé qu’il fallait en effet attendre le mandat des États membres lors de la réunion ministérielle de l’ESA de novembre 2022 avant de s’engager en 2023 sur le projet.

L’approche « 2+2+2 » correspondrait à 2 milliards en provenance des États membres, 2 milliards issus de partenariats publics-privés, et enfin, 2 milliards d’euros financés par l’UE. Pour l'UE, l'exercice ne sera pas simple, étant donné qu’il faudra trouver ces 2 milliards d’euros sans rouvrir le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027.

Pour ce faire, la Commission européenne pourrait aller ponctionner cette somme dans les programmes de GovSatCom, le programme pour une Europe numérique (Digital Europe), le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (CEF) et, éventuellement, le Fonds de la défense (EUROPE 12830/8), nous a-t-on dit.

Copernicus, vers un étalement dans le temps des nouvelles missions ?

Durant son intervention, le directeur général, tout en soulignant la réussite du programme européen d’observation terrestre Copernicus, a attesté de la bonne avancée des discussions entre l’ESA et la Commission européenne, les États membres et l’industrie pour trouver une solution face au déficit de 750 millions d’euros (EUROPE 12845/5).

« Nous avons débattu de plusieurs options de manière assez intensive avec nos États membres et la Commission », a-t-il confirmé à EUROPE, pour garder « l’intégrité du programme », notamment pour les six futures missions.

Il y a eu consensus pour ne « sacrifier » aucune des futures missions, a-t-il fait savoir. « Il existe plusieurs options qui nous permettent de gagner du temps », a-t-il poursuivi, expliquant qu’il voulait repousser la décision à 2024, la date prévue pour le ‘CDR’ ('Critical Design Review'), l’examen sur la conception des satellites.

Incident technique

Par ailleurs, le directeur général a fait état d’une panne importante sur le satellite Sentinel 1B du programme Copernicus, qui ne fonctionne plus depuis le 23 décembre 2021. « Nous ne sommes pas encore pleinement au fait de la nature exacte du problème », a-t-il reconnu, ajoutant que l’incident était « étrange ». L’alimentation électrique du système et le système redondant sont en effet tombés en panne en même temps. « Nous avons essayé à plusieurs reprises de récupérer le satellite », sans succès, a-t-il conclu.

La perte de données occasionnée serait compensée par l’achat de données commerciales notamment en provenance du Canada, a-t-il annoncé. Répondant à EUROPE, il a dit qu’une enquête était menée pour déterminer s’il fallait remanier la conception du futur satellite Sentinel 1C. Par chance, le satellite Sentinel 1A serait toujours parfaitement opérationnel, bien que sa durée de vie soit dépassée.

Sommet ‘Espace’ et vols habités

Durant son intervention, le directeur général est revenu sur le programme du sommet sur l’espace (EUROPE 12817/24), qui se tiendra à Toulouse le 16 février prochain. Il a indiqué que la journée sera divisée en deux, avec une réunion ministérielle de l’ESA le matin, puis une réunion de l’UE en format 'Compétitivité' l’après-midi. Le président français, Emmanuel Macron, fera un discours de clôture en fin de journée.

Dans ce cadre, il a annoncé que le déjeuner de travail sera consacré, d’une part, au rôle du secteur spatial pour lutter contre le changement climatique et, d’autre part, au développement d’un programme habité européen.

Se référant aux cinq programmes phares soutenus dans le cadre du manifeste de Matosinhos (EUROPE 12837/28), M. Aschbacher a plaidé une nouvelle fois pour le développement d’un programme de vol habité européen, indiquant que les États-Unis, la Chine, la Russie et bientôt l'Inde étaient tous dotés de tels programmes alors que l'Europe est à la traîne.

« Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas assez d'argent. C’est très simple ! », a-t-il lancé, ajoutant que le budget de l’ESA correspondait à environ 7% du budget de la NASA, l’agence spatiale américaine.

Pour voir le PDF de présentation du DG : https://bit.ly/3fAUKjI (Pascal Hansens)

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