L'organisation environnementaliste WWF s'est alarmée, début novembre, d'un document transmis à la Commission européenne sur la taxonomie européenne alors que l'institution de l'UE élabore, pour la fin de l'année, un deuxième acte délégué complétant le premier acte délégué destiné à préciser le règlement 'taxonomie' (EUROPE 12806/17).
« Cette proposition est une honte scientifique qui porterait un coup fatal à la taxonomie », a déclaré Henry Eviston, au nom de l'organisation, dans un communiqué.
Le document, que Contexte attribue aux autorités françaises, qualifie de durables des investissements dans des centrales électriques au gaz : - émettant moins de 100 grammes de CO2 par kilowatt/heure sur l'ensemble du cycle de vie de la centrale, ou ; - mises en service avant fin 2030 et émettant moins de 340 grammes de CO2 par kilowatt/heure et, sur une base annuelle, moins de 700 grammes de CO2 par kilowatt/heure en cas d'utilisation arrivant en soutien à la production d'électricité de source renouvelable.
Pour le nucléaire, le document s'appuie sur l'étude du Centre commun de recherche de la Commission présentée en juillet et selon laquelle le nucléaire est suffisamment sûr pour être éligible à la taxonomie de l'UE (EUROPE 12754/7).
Le document, qui ne propose pas de critères de durabilité détaillés pour la production d'énergie d'origine nucléaire, divise les activités du secteur en quatre catégories : - l'exploitation des centrales nucléaires ; - le stockage des déchets radioactifs ou du combustible nucléaire usé ; - l'extraction et le traitement de l'uranium ; - le retraitement du combustible nucléaire usé.
« Nous avons besoin de plus d'énergies renouvelables. Elles sont moins chères, sans carbone et locales. (...) Nous avons également besoin d'une source stable, le nucléaire, et pendant la transition, bien sûr, le gaz naturel. C'est pourquoi nous présenterons notre proposition de taxonomie », avait indiqué la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, fin octobre, à l'issue du sommet européen (EUROPE 12818/4). (Mathieu Bion)