Le nombre de personnes employées devrait retrouver son niveau d'avant-pandémie de Covid-19 en 2022, mais le rétablissement du nombre d'heures travaillées dans l'Union européenne par rapport à 2019 s'avérera plus lent, selon le scénario de base retenu par l'Institut syndical européen (ETUI) dans une étude publiée fin octobre.
Ce scénario de base, mis en balance avec trois autres, prévoit une croissance économique forte en 2021 et 2022 à la faveur des campagnes de vaccination, malgré le maintien de certaines mesures sanitaires dans les zones géographiques affectées par la Covid-19. Les États maintiendraient des politiques budgétaires expansionnistes jusqu'en 2026, avec notamment des aides budgétaires ciblées aux secteurs d'activités (tourisme, restauration) et aux catégories de population (jeunes, travailleurs faiblement qualifiés) les plus en difficulté. Le Plan de relance européen Next Generation EU viendrait en soutien aux investissements indispensables dans les transitions écologique et numérique.
Selon l'étude, tous les États membres, sauf l'Irlande, retrouveront leur niveau d'emploi pré-pandémique au plus tard en 2022. En revanche, concernant le nombre d'heures travaillées, une majorité d'États membres devraient retrouver en 2023 leur niveau de 2019, mais il faudrait attendre 2026 dans le cas de l'Italie, voire plus dans le cas de l'Irlande, la Roumanie ou la Slovaquie. Sur ce point, les données ne sont pas disponibles pour la Belgique ni la Suède.
Mercredi, l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat) a indiqué qu'en septembre, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières de la zone euro avait été ramené de 7,5% en août à 7,4% en septembre (8,6% en septembre 2020), et de 6,9 à 6,7% sur la même période au niveau de l'UE (7,7% en septembre 2020).
Les auteurs de l'étude recommandent aux décideurs politiques de maintenir les programmes de maintien dans l'emploi, tels que les régimes de chômage partiel massivement mobilisés dans le cadre de la pandémie. Néanmoins, des réformes plus profondes sont nécessaires pour s'attaquer aux défis du marché du travail à long terme, tels que le chômage des jeunes, au risque d'accroître les inégalités socioéconomiques, préviennent-ils.
Voir l'étude : https://bit.ly/31wzTdH (Mathieu Bion)