Johanna Lehne, conseillère politique principale à E3G, et Luc Triangle, secrétaire général à IndustriAll, ont salué la mise à jour de la stratégie industrielle de l'UE, mais en ont pointé du doigt les limites, lors d’un débat en commission ‘Industrie et Recherche’ (ITRE) du Parlement européen (EUROPE 12823/12), jeudi 28 octobre.
Pour la première, il faut des actions plus concrètes et plus ciblées plutôt que la multiplication d’objectifs généraux. Tout comme les États-Unis, il faut se concentrer sur l’effort financier et les investissements plutôt que l'action règlementaire. Revoir la gouvernance pour renforcer la transparence en intégrant mieux la société civile doit être une priorité également.
Pour le syndicaliste Luc Triangle, il faut renforcer la dimension sociale et territoriale de la stratégie et affiner les données collectées (notamment en prenant en compte l’âge et le niveau de qualification des travailleurs). Le mécanisme de transition juste se concentre trop sur le secteur minier. Il devrait être élargi aux régions en cours de désindustrialisation, a-t-il analysé.
Troisième intervenant, Cesare Pozzi, professeur et économiste à l'Université de Foggia, a été très critique. Pour lui, les concepts - notamment d'écosystèmes - sont flous et l'ambition n'est pas à la hauteur. Répondant aux eurodéputés, il a estimé qu'effectuer des investissements européens massifs dans les semi-conducteurs n'était pas une bonne décision. L'Union devrait investir dans des technologies de rupture, moins consommatrices de matières premières, selon lui. (Pascal Hansens)