La vice-présidente de la Commission européenne chargée de l'Europe adaptée à l’ère numérique, Margrethe Vestager, a échangé, lundi 6 septembre, avec des membres des commissions ‘marché intérieur et protection des consommateurs’ (IMCO), ‘industrie, recherche et énergie' (ITRE), ‘libertés civiles, justice et affaires intérieures’ (LIBE), ainsi que de la commission spéciale sur l'intelligence artificielle à l'ère du numérique (AIDA) du Parlement européen.
Margrethe Vestager a rappelé les défis qui attendent l’Union européenne concernant les services numériques (DSA) (EUROPE 12745/17), les marchés numériques (DMA) (EUROPE 12780/2) et la gouvernance des données (DGA) (EUROPE 12764/8), avant d’être interrogée sur les aspects majeurs de ces dossiers, à commencer par la publicité ciblée.
« La publicité ciblée implique une collecte constante de données. Pensez-vous que la transparence suffira à résoudre ce problème ? », s’est interrogée, sceptique, la députée portugaise de la commission 'AIDA', Maria Manuela Marques Leitão (S&D).
« C’est un débat très important. Il faut trouver l’équilibre. Nous aimerions atteindre davantage de transparence tout en donnant la possibilité aux petites entreprises de trouver des clients, d'entreprendre », a répondu Mme Vestager.
Autre source d’inquiétude partagée du côté du Parlement européen : la collecte de données. « La Commission entend autoriser la rétention de données indiscriminées lorsqu’il est question de sécurité nationale. Cela nous concerne tous, tout le temps », a déclaré Patrick Breyer (Verts/ALE, allemand).
Sur ce point, Mme Vestager est restée discrète, ne s’autorisant pas à faire de commentaire. Néanmoins, a-t-elle précisé, « nous avons des droits, mais aussi des obligations, comme celle de protéger les enfants. Il faut que les droits soient bien gérés pour que nous puissions garantir la liberté, tout en garantissant la protection ».
Mme Vestager est enfin revenue sur l'intelligence artificielle (IA), insistant sur l'envie de l'UE de travailler de concert avec les États-Unis et soulignant la nécessité de parvenir à une IA « inclusive, sûre et durable ».
« Le Parlement européen et le Conseil se prononceront, mais nous devrons nous aligner avec nos homologues », a-t-elle conclu. (Thomas Mangin)