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Bulletin Quotidien Europe N° 12784
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ACTION EXTÉRIEURE / Afghanistan

Les eurodéputés s’inquiètent du sort réservé aux afghanes

« Les talibans n’ont pas changé », ont insisté plusieurs eurodéputés et défenseurs des droits humains intervenus au Parlement européen, lundi 6 septembre, à l’occasion d’une réunion de la commission consacrée à la situation des femmes en Afghanistan.

« Nous les voyons tous faire des promesses aux médias et aux gouvernements occidentaux. Pendant ce temps, nous entendons aussi, par le biais de nos contacts sur le terrain, des rapports faisant état de détentions illégales, d'exécutions sommaires, de fouilles porte-à-porte, de restrictions imposées aux femmes. Les actions des talibans ne sont pas conformes à leurs promesses », a martelé la présidente de la commission afghane indépendante des droits humains (AIHRC), Shaharzad Akbar.

« Ce qui a changé, c'est qu'ils font maintenant des relations publiques. Nous ne devons pas les laisser nous convaincre », a renchéri Assita Kanko (CRE, belge). « Ne soyez pas naïfs », a martelé Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise) à l’attention de la Commission européenne. « Il ne faut pas choisir de croire les paroles creuses des talibans », a également estimé Miguel Urbán Crespo (La Gauche, espagnol), plaidant pour que l’UE « regarde en face » les risques auxquels sont confrontées les Afghanes. « Nous ne pouvons pas reconnaître » les talibans, a également répété Isabel Wiseler-Lima (PPE, luxembourgeoise), attirant l’attention sur le sort des femmes juges.

S’il n’est pas question à ce stade de reconnaissance, l’UE a toutefois défini les conditions d'un « engagement opérationnel » avec les talibans (EUROPE 12783/1). Parmi ces conditions figure le respect des droits des femmes et de l’État de droit. Une condition à laquelle Evelyn Regner (S&D autrichienne), présidente de la commission des droits des femmes (FEMM) du PE, a réitéré son attachement ce lundi.

« Laissez-moi vous assurer que le respect des droits des femmes et des filles sera une condition à tout dialogue ou engagement politique avec les talibans et le nouveau gouvernement », a pour sa part soutenu Andreas von Brandt, chef de la délégation de l’Union européenne en Afghanistan.

Mission d'enquête. Réclamant des engagements « concrets » de la part des Européens, Shaharzad Akbar a appelé l'UE à travailler avec les gouvernements nationaux en vue de la session de septembre du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, afin qu'une mission d'enquête voit le jour pour faire la lumière sur la situation des droits humains, et notamment des droits des femmes, en Afghanistan.

« Nous avons besoin d'une mission d'enquête forte : ce mécanisme doit permettre de documenter les atrocités. Ce n'est pas beaucoup demander de la part des Afghans qui ont tant perdu et sacrifié, qui vivent dans la peur et l'incertitude », a-t-elle déclaré, soutenue par plusieurs eurodéputés.

Parmi eux, Hannah Neumann (Verts/ALE, allemande) a appelé l'UE à prendre ses responsabilités en soutenant la création de cette mission d'enquête et en abordant « sérieusement » la question de la réinstallation des personnes déplacées. (Agathe Cherki)

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