En pleine crise afghane, la composante extérieure du troisième plan d'action de l'UE pour l'égalité de genre (GAP III) a été le sujet de rentrée des députés des commissions 'Femmes' (FEMM) et 'Développement' (DEVE) du Parlement européen, lundi 6 septembre.
Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française), rapporteur pour la commission DEVE, s'en est félicitée en présentant son rapport à ses collègues, « heureuse que le Parlement s'empare de ce sujet crucial », étant donné la forte inquiétude que suscitent les violences et les discriminations que les talibans feront subir aux femmes et aux filles.
« Ce plan d'action III doit devenir un outil politique et financier puissant pour aider ces femmes et filles afghanes et toutes les femmes et filles dans le monde. C'est notre outil pour porter nos valeurs d'égalité et d'émancipation des femmes », a-t-elle déclaré.
Son rapport identifie six priorités, qui peuvent varier selon les régions, pour l’avancée des droits des femmes et des filles, à savoir :
- accélérer l’élimination des violences basées sur le genre, notamment les violences conjugales, les mutilations génitales, les féminicides, les mariages forcés et l’exploitation sexuelle ;
- garantir l’accès aux droits et à la santé sexuelle et reproductive, en particulier un accès universel à l’éducation sexuelle, à la contraception, à l’avortement sûr et légal ;
- l’autonomisation des femmes sur le plan économique à travers l’éducation et l’accès au marché du travail ;
- favoriser le leadership féminin, en particulier la représentation des femmes à tous les échelons de la vie politique ;
- reconnaître le rôle clé des femmes dans les processus de paix et de sécurité et augmenter leur participation tout en luttant contre l’impunité pour les violences sexuelles commises en zones de guerre ;
- prendre en compte la dimension de genre dans la transition verte, car les conséquences du dérèglement climatique affectent en particulier les femmes et les filles, ainsi que la transformation numérique dont les femmes et les filles risquent à nouveau d’être exclues.
Ces priorités ont émergé de consultations en Amérique latine (Mexique, Salvador), en Asie (Inde, Thaïlande), en Afrique (Rwanda, Mozambique) avec des personnalités politiques, des militants de la société civile, dont les Prix Nobel de la paix Denis Mukwege et Nadia Mourad, des universitaires et des militaires.
« Enfants et femmes dans les pays en développement sont susceptibles de vivre dans la pauvreté la plus abjecte. Ils sont soumis à la violence de genre et ont à souffrir d'une exclusion économique, sociale et politique. Et la pandémie de Covid-19 a pesé lourdement sur les jeunes filles et les femmes », a insisté Tomas Tobé (PPE, suédois).
La commission DEVE qu'il préside a de grandes attentes, à l'heure de la programmation de l'aide de l'instrument NDICI - Global Europe, « pour que l'UE passe de la parole aux actes » avec des fonds suffisants et l'intégration de la composante genre dans une aide ciblée et efficace.
Selon la présidente de la commission 'Femmes', Evelyn Regner (S&D, autrichienne), l'égalité de genre « doit traverser tous les accords multilatéraux et nationaux ». (Aminata Niang)