Les ministres de l’UE chargés des Affaires européennes ont fait le point, vendredi 23 juillet, sur les stratégies à adopter pour renforcer la résilience de l’Union face aux crises nécessitant une riposte à Vingt-sept, les crises sanitaires notamment.
Les discussions devaient porter, plus précisément, « sur la manière d’améliorer les politiques européennes, pour une résilience renforcée, et sur la manière de perfectionner la coordination et la coopération entre les États membres », a indiqué à son arrivée le Secrétaire d’État slovène, Gašper Dovžan, chargé de mener cette réunion informelle organisée par la Présidence slovène du Conseil de l’UE.
Plusieurs ministres ont salué la tenue d’une telle discussion à l’heure où l’UE est toujours aux prises avec la pandémie de Covid-19 et fait face à une augmentation des contaminations, essentiellement due à la propagation rapide du variant Delta (EUROPE 12764/14).
À ce stade, l'ensemble des ministres a convenu que « la meilleure et la plus rapide des mesures » pour faire face à la crise en cours demeurait une « vaccination massive », a souligné M. Dovžan en conférence de presse.
Selon les chiffres publiés la veille par la Commission européenne, à ce jour, 68,4% des adultes dans l'UE ont reçu au moins une première dose de vaccin contre le coronavirus. 436,6 millions de vaccinations au total ont été enregistrées.
« Le choix européen en matière de vaccin, on le voit aujourd’hui, a été un choix de solidarité et un choix gagnant, puisque nous vaccinons plus dans l’UE que nos amis américains », a notamment tenu à souligner le Secrétaire d'État français, Clément Beaune, insistant sur l'importance d'une « protection collective » dans l'UE.
Quels changements sur le long terme ?
Par ailleurs, les différentes délégations ont indiqué ce qu'elles attendaient des législateurs européens à plus long terme. L'accent a notamment été mis sur la nécessité de « renforcer les structures existantes », a indiqué à la presse le ministre slovène.
Pour la ministre finlandaise, Tytti Tuppurainen, par exemple, « l’UE devrait développer sa résilience dans trois domaines spécifiques », à savoir : la sécurité de l’approvisionnement, la gestion des frontières en cas d’urgence sanitaire et les processus de décision, a-t-elle détaillé en marge de la réunion.
Sur le premier point, elle a estimé que des stocks devraient être constitués au niveau européen pour les produits critiques – une solution que ne semblent pas encore envisager les Vingt-sept s’agissant des médicaments (EUROPE 12741/8).
Sur le second, la ministre a suggéré que des dispositions relatives aux cas d’urgence sanitaire soient ajoutées au règlement relatif à l’espace Schengen, pour une meilleure préparation à ces urgences « en ce qui concerne la libre circulation et la gestion des frontières ». Enfin, sur le troisième point, elle a plaidé pour que les processus de prise de décision soient rendus « plus flexibles et rapides », pour une meilleure réaction en cas de crise. (Agathe Cherki)