La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé, vendredi 25 juin, avoir reçu le feu vert des dirigeants des États membres pour préparer une nouvelle enveloppe de 3 milliards d’euros pour venir en aide aux réfugiés de Turquie, pays qui accueille l’essentiel des réfugiés syriens (EUROPE 12748/3).
Elle demandera aussi aux États membres des actions de financement supplémentaires pour le Liban et la Jordanie, qui abritent aussi des réfugiés.
« Cela fait maintenant 10 ans que ces pays soutiennent les réfugiés. C’est à nous de les aider maintenant », a-t-elle déclaré à l’issue du Sommet européen.
Ces 3 milliards d’euros pour la Turquie viendront essentiellement du budget européen, a-t-elle dit, et seront alloués jusqu’en 2024. Les fonds seront ciblés cette fois sur des aspects plus sociaux et économiques afin d'aider les réfugiés à s’intégrer dans l’emploi, alors que la dimension humanitaire avait été prioritaire lors des premières allocations en 2016. Ces fonds aideront aussi la Turquie à gérer ses frontières « orientales », a dit la présidente.
La Commission mettra prochainement une proposition formelle sur la table, a-t-elle ajouté.
Avis partagés sur la discussion 'Migration'
Pour le reste, la discussion des dirigeants européens sur la migration, qui a eu lieu jeudi soir, a été très courte, avec un résultat modeste, et s’est surtout concentrée sur la dimension extérieure (EUROPE 12748/4).
Le Premier ministre italien, Mario Draghi, s’est dit « satisfait » de ce résultat, vendredi, alors que le dossier n’avait pas été mis à l’ordre du jour depuis « 3 ans ».
« Tout ce que nous avons demandé a été repris. Mon objectif n'était pas d'avoir un accord sur la relocalisation (de demandeurs d’asile, NDLR). Tous les signaux disaient que c'était prématuré. Il faut un accord qui convienne à tous », a réagi le Premier ministre italien à l’issue des travaux. Et cet accord passera sans doute par des accords entre groupes de pays et non par une relocalisation obligatoire, qui ne sera pas acceptée.
Ces conclusions ne « représentent pas une avancée extraordinaire », a jugé, de son côté, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, qui, pendant ce Sommet, a dit la volonté de l’Espagne « d'avancer avec le Pacte asile et migration ». Il a évoqué la « nécessité de trouver un équilibre entre solidarité et responsabilité. Sur la solidarité, il est important que les alternatives qui se mettent en place soient réalistes, faciles à mettre en oeuvre ».
Quant au chancelier autrichien, Sebastian Kurz, il a jugé que ne parler que de la dimension extérieure était une « bonne chose ». L'UE « a pour mission de lutter contre l'immigration clandestine, de combattre les trafiquants et d'empêcher les personnes de se rendre en Europe de manière illégale. Tel doit être notre objectif et c'est là que nous devons faire intervenir l'UE et ne pas avoir constamment des débats sur la distribution au sein de l'Europe ». (Solenn Paulic avec la rédaction)