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Bulletin Quotidien Europe N° 12749
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CONSEIL EUROPÉEN / Russie

Les Européens désunis sur l’organisation d’un sommet avec Vladimir Poutine

S’ils ont plaidé une approche unie envers la Russie, les dirigeants européens n’ont pas réussi, lors de leur longue discussion sur la Russie, jeudi 24 juin, à se mettre d’accord sur l’organisation d’un sommet avec le président russe, Vladimir Poutine.

Le Kremlin a regretté le « rejet » de l'idée d'un sommet.

Si, selon le président du Conseil européen, Charles Michel, « personne n’avait dit qu’il fallait un sommet demain à 27 avec Poutine », plusieurs dirigeants ont bien parlé d’une proposition de sommet.

M. Michel a expliqué que la proposition sur la table des dirigeants portait sur la capacité de l’UE, sous conditions, « d’engager un dialogue et de réfléchir ensemble au Conseil européen à la forme la plus adéquate de dialogue qui doit pouvoir être mené pour défendre nos valeurs et intérêts ». Dans les conclusions qu’ils ont adoptées, les dirigeants annoncent qu’ils étudieront les formats et les conditionnalités du dialogue avec la Russie.

Selon le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, les différences entre les États membres ont porté sur « la rapidité du réengagement et sur le format »

Ainsi, plusieurs dirigeants ont estimé qu’il ne fallait pas laisser le monopole du dialogue avec M. Poutine au président américain, Joe Biden. « Il serait utile de trouver des formats où l’UE pourrait, elle aussi, parler avec la Russie », a expliqué la Chancelière allemande, Angela Merkel. « Le président américain a parlé avec Poutine. Une UE souveraine devrait être capable de défendre ses intérêts dans une rencontre similaire », a-t-elle estimé.

Pour le Chancelier autrichien; Sebastian Kurz, « l'UE ne peut pas attendre que ces discussions aient lieu exclusivement entre les présidents américain et russe ». « Non seulement nous sommes géographiquement plus proches de la Russie, mais beaucoup des défis nous touchent plus directement », a-t-il justifié.

« La Russie est un pays important. Il faut avoir un débat franc et être fermes pour dire tout ce qui ne va pas », a expliqué pour sa part le Premier ministre italien, Mario Draghi. De son côté, M. Sanchez a estimé qu'il était essentiel d'avoir un dialogue clair, avec des lignes rouges bien définies. 

Cependant, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a expliqué qu'un sommet « serait très prématuré et reviendrait en quelque sorte à récompenser le président russe pour ses politiques cohérentes, mais malheureusement agressives ». Selon lui, de nombreux dirigeants, dont ceux des pays baltes, partagent son avis.

Face à ces inquiétudes, Mme Merkel a expliqué ne pas voir « ces entretiens comme une récompense ou l’absence de récompense », mais comme « une expression de souveraineté ». « Même du temps de la guerre froide, il y avait un canal de communication. Un canal collectif, c’est mieux que chaque pays pour lui-même », a-t-elle ajouté, précisant que malgré l'attitude de M. Poutine, il fallait continuer de lui parler. 

L’organisation d’un sommet avec Vladimir Poutine ne serait que partie remise. « Le moment n'était pas propice. J'espère que la discussion pourra se poursuivre et évoluer vers une discussion entre les chefs d'État des États membres de l'UE et de la Russie », a expliqué la Première ministre finlandaise, Sanna Marin. Pour son homologue néerlandais, Mark Rutte, « un sommet pourrait être une opportunité pour l'avenir, car nous espérons que les relations s'amélioreront à nouveau dans quelques années ».

Voir les conclusions du Conseil européen : https://bit.ly/3zVx2HH (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

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