L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a tenu, mercredi matin, un débat d’actualité sur « La nécessité d’un mécanisme de solidarité efficace pour atténuer la pression migratoire sur les pays de première ligne ». Il s’est tenu à l’initiative de la commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées, qui, après une visite sur l’île de Lesbos en mai dernier, s’était engagée à relayer auprès des autorités européennes les préoccupations des quelque 6 000 personnes hébergées au centre d’accueil temporaire de Mavrovouni, installé après l’incendie de celui de Mória.
Issues majoritairement d’Afghanistan et de Syrie, ces personnes comptent 40% d’enfants et « se plaignent de la nourriture, de l’état de leur tente et de très mauvaises conditions d’hygiène », tout en attendant « désespérément » une réponse à leur demande d’asile, a précisé le socialiste suisse Pierre-Alain Fridez, au nom de la commission.
Face à cette situation dramatique, la réponse apportée par le nouveau Pacte sur la solidarité et l’asile proposé par la Commission européenne « ne fait pas preuve d’une solidarité suffisante », tant avec les pays de première ligne qu’avec les personnes ayant besoin d’une protection minimale, a-t-il déclaré en appelant au respect des valeurs du Conseil de l’Europe.
La Grèce assume du mieux possible sa responsabilité de pays d’accueil, a déclaré pour sa part Notis Mitarachi, ministre grec de l’Asile et la Migration, notamment grâce à sa participation au programme HELIOS géré en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations. Cependant, estime-t-il également, « la proposition - bureaucratique - de la Commission européenne n’est pas à la hauteur », notamment parce qu’elle « manque d’automaticité ».
« Nous estimons que l’Union européenne a besoin d’un mécanisme permanent qui permette de faire preuve de solidarité immédiatement en cas de besoin », a dit M. Mitarachi. « La pression migratoire peut s’intensifier en quelques jours et nous devons être assurés que les mécanismes de solidarité peuvent fonctionner dans cette situation ».
Pour avoir un impact, les mesures de solidarité « ne doivent pas impliquer uniquement l’Union européenne », a-t-il ajouté. « Elles doivent impliquer tous les membres du Conseil de l’Europe » et aller « au-delà de la proposition de la Commission ».
À la clôture des échanges, lors desquels sont également intervenus des parlementaires venus d’Espagne, de Turquie, de Croatie, d’Ukraine, mais aussi du Maroc – pays observateur du Conseil de l’Europe –, Rik Daems, président de l’Assemblée parlementaire, a rappelé que ce débat d’actualité ne donnait pas lieu à un vote, mais pouvait être renvoyé par le Bureau à la commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées en vue d’un rapport ultérieur. (Véronique Leblanc)