Plus de 70 organisations de la société civile ont écrit à la Commission européenne, vendredi 9 avril, afin de faire part de leur consternation face aux critères relatifs à la foresterie et à la bioénergie repris dans le projet d’acte délégué sur la taxonomie de l’Union européenne qui a récemment fuité dans la presse.
Selon ces organisations, le texte qui a fait l’objet d’une fuite (EUROPE 12684/3) permettrait de définir comme « verte » la quasi-totalité de l’exploitation forestière actuelle et de qualifier de durable la combustion de biomasse forestière à des fins énergétiques.
Elles épinglent notamment le fait que, pour les exploitations de moins de 25 hectares, les critères prévoient qu'il n’est pas nécessaire de réaliser une quelconque analyse des avantages climatiques pour affirmer que la foresterie contribue substantiellement à l’atténuation du changement climatique dans le cadre de la taxonomie, alors qu’environ « 2/3 des propriétaires forestiers de l’UE ont des exploitations de moins de 3 hectares ».
Étant donné que l’acte délégué doit être officiellement dévoilé le 21 avril, les organisations signataires considèrent qu’il est trop tard pour rediscuter de ces critères et que la seule solution est donc de retirer la sylviculture et la bioénergie de l’acte délégué, afin de laisser plus de temps à la formation de critères « scientifiquement crédibles » et d’éviter ainsi de transformer la taxonomie de l’UE en un « véritable outil de greenwashing ».
Voir la lettre : https://bit.ly/3seAOqy (Damien Genicot)