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Bulletin Quotidien Europe N° 12696
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ACTION EXTÉRIEURE / Birmanie

La compétition géopolitique empêche une réponse coordonnée à la crise, selon M. Borrell

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé sur son blog, dimanche 11 avril, que « la concurrence géopolitique en Birmanie (rendait) difficile la recherche d'un terrain d'entente, l'arrêt des violences et le retour à la démocratie ».

Bien qu’au moins 550 manifestants pacifiques, dont 46 enfants, ont été tués et qu'au moins 2 800 personnes ont été arrêtées depuis le coup d'État du 1er février, « la géopolitique divise la communauté internationale et empêche une réponse coordonnée », a regretté le Haut Représentant. Selon lui, cette « concurrence géopolitique rendra très difficile la recherche d'un terrain d'entente, comme nous l'avons constaté à maintes reprises au Conseil de sécurité des Nations unies. Mais nous avons le devoir d'essayer ».

La Birmanie présente un intérêt stratégique pour l’Inde et la Chine, avec qui elle partage des frontières, et ses deux principaux fournisseurs d’armes sont la Chine et la Russie. « Il n'est donc pas surprenant que la Russie et la Chine bloquent les tentatives du Conseil de sécurité de l'ONU, par exemple pour imposer un embargo sur les armes », a dénoncé M. Borrell. Selon lui, Pékin tient à protéger ses intérêts stratégiques dans le pays et a qualifié le coup d'État de ‘remaniement gouvernemental majeur’, tandis que Moscou insiste sur le fait qu'il s'agit d'une ‘affaire purement intérieure’.

Malgré les difficultés, l’UE poursuit son initiative diplomatique « en tendant la main à tous les acteurs clés (ANASE, Chine, Japon, Inde), en étroite coordination avec nos partenaires partageant les mêmes idées, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni ». Préconisant une solution nationale, soutenue par la région et la communauté internationale au sens large, M. Borrell a estimé qu’il fallait soutenir toutes les forces de l'ANASE qui plaident en ce sens. Selon lui, « nous devons créer une plateforme diplomatique commune pour lancer un processus de dialogue visant à rétablir la démocratie en Birmanie, conformément à la volonté manifeste de son peuple courageux ». Le Haut Représentant a aussi expliqué que l’UE pourrait renforcer la voie diplomatique en proposant d'accroître ses liens économiques, si la Birmanie retrouvait la voie de la démocratie.

Cependant, M. Borrell est lucide concernant la faible capacité de pression économique de l'UE sur la Birmanie. « Si notre action est implacable, nos attentes doivent être réalistes », a-t-il prévenu, rappelant, à titre d’exemple, qu'en 2019, les investissements directs étrangers de l'UE avaient représenté 700 millions de dollars dans le pays, contre 19 milliards de dollars pour la Chine. (Camille-Cerise Gessant)

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