A la veille de la cinquième conférence ministérielle internationale de soutien à la Syrie et aux pays de la région ('Bruxelles V'), l'ONU a appelé les donateurs, lundi 29 mars, à accroître leur aide pour secourir 24 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire ou une autre forme d'assistance, soit 4 millions de plus qu'en 2020.
Plus de 10 milliards de dollars US sont espérés pour couvrir les besoins cette année (EUROPE 12685/17 ).
« Aujourd'hui, l'effondrement des conditions de vie, le déclin économique et la Covid-19 entraînent davantage de faim, de malnutrition et de maladies. Il y a moins de combats, mais pas de dividendes de la paix », selon le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Mark Lowcock, cité dans un communiqué.
Après dix années de conflit, la crise économique en Syrie et les pays hôtes des réfugiés - d'une ampleur sans précédent - est aggravée par la pandémie de Covid-19, a souligné Janez Lenarčič, le commissaire à la Gestion des crises, insistant sur la nécessité d'assurer « la protection des populations et du personnel humanitaire, en particulier ceux qui sont en première ligne ».
Il s'exprimait lors du dialogue avec la société civile sur la réponse aux besoins alimentaires et au nécessaire renforcement des moyens de subsistance à l'intérieur de la Syrie.
Il est crucial de garantir l'accès aux personnes dans le besoin, a estimé le commissaire, insistant notamment sur l'importance que soit renouvelée après le 10 juillet la résolution de l'ONU sur l'accès pour l'assistance transfrontière.
« La situation humanitaire est pire que jamais », a déclaré Vivi Michou, directrice d'ECHO, le service d'aide humanitaire de la Commission européenne. Selon le Pogramme alimentaire mondial (WFP), 12,4 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, dont 1,3 million en insécurité alimentaire aigüe, et plus de 500 000 enfants souffrent de retard de croissance à cause de malnutrition chronique. « L'insécurité alimentaire et le manque d'accès aux services de base renforcent la dépendance de millions de Syriens. », a-t-elle souligné.
Pour répondre aux besoins des plus vulnérables en cette période de moyens financiers réduits, elle a plaidé pour le renforcement de la coordination de l'aide, pour une meilleure identification de ceux qui sont le plus dans le besoin, et la recherche « de solutions qui aideront les gens ».
Les transferts d'argent liquide ou les bons sont, de l'avis de la directrice régionale du WFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Corinne Fleischer, « un excellent outil pour donner du pouvoir d'achat et de la flexibilité aux populations pour ajuster l'aide à leurs besoins ».
L'UE ne s'est pas fixé d'objectif d'engagements pour 'Bruxelles V', selon un haut fonctionnaire européen.
Lors de 'Bruxelles IV,' l'an dernier, les donateurs avaient promis 5,5 milliards de $ US (4,9 milliards €) de dons pour 2020 et près de 2,2 milliards de $ (2 milliards €) pour 2021 et au-delà.
Des prêts de 6,1 milliards de dollars (5,5 milliards d'euros) pour 2020 et au-delà avaient aussi été annoncés.
Les promesses de dons avaient totalisé 4,4 milliards € pour 2020 - promesses déjà dépassées de 54%, selon le rapport de suivi financier publié vendredi 26 mars par le Service européen pour l'action extérieure.
En 2020, l'UE et ses États membres, qui avaient promis 3 milliards de $ (2,7 milliards €), soit 61% de l'engagement total, ont, quant à eux, mobilisé 4,4 milliards de $ (3,9 milliards €) en 2020, dépassant ainsi de 44% leur engagement initial.
Les États-Unis, l'Allemagne et l'UE ont été les trois plus grands donateurs en fournissant 70% du total des dons.
La Syrie est le pays qui a reçu la plus grande part des dons, soit 2,5 milliards de $ (2,2 milliards €).
Pour 2021 et au-delà, 190 millions de $ (169 millions €) de contributions sous forme de dons ont déjà été mis à disposition pour la Syrie. Voir le rapport : https://bit.ly/2QQsNez (Aminata Niang)