L'UE et ses États membres ont l'obligation morale de faire beaucoup plus pour soutenir les populations vulnérables soumises au changement climatique dans les pays en développement, ont affirmé les députés de la commission 'Développement' du Parlement européen, jeudi 25 février.
Le rapport de Mónica Silvana González (S&D, espagnole), qu'ils ont adopté (15 voix pour, 9 contre et 1 abstention), appelle l'UE et ses États membres à intensifier radicalement leurs actions, et la Commission européenne à élaborer une stratégie pour une contribution de l'UE substantiellement renforcée afin de limiter les impacts du changement climatique sur ces populations vulnérables.
Les députés estiment que le nouvel instrument financier de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI) doit garantir des ressources dédiées à cette cause et qu'il convient d'utiliser les outils de réponse rapide de l'UE pour prévenir et gérer les crises liées au climat.
« Nous devons aborder le changement climatique comme un phénomène qui menace directement les droits de l'homme, y compris les droits à la vie, à la nourriture, à l'eau et à la santé. Il peut compromettre les perspectives de développement des pays, en agissant comme un multiplicateur de risques de sécheresse, de famine et de déplacements forcés », selon Mme González.
Le rapport propose aussi d'accroître la résilience de la population en réduisant les vulnérabilités générales (causées par la pauvreté, les inégalités, le manque de protection sociale) et celles propres au changement climatique (perte de logement et de moyens de subsistance, charge disproportionnée sur les femmes).
Il préconise la promotion d'une agriculture durable et résiliente, la fourniture de fonds, l'assistance technique aux pays en développement pour atténuer, gérer et s'adapter au changement climatique, et le renforcement de la finance climat, en donnant la priorité aux subventions.
Les députés appellent aussi de leurs vœux une coopération internationale pour gérer la migration induite par le climat, notamment en la reconnaissant comme une base légale pour l'octroi de l'asile.
Le projet de résolution sera soumis au vote de la session plénière d'avril. (Aminata Niang)