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Bulletin Quotidien Europe N° 12667
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ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement

Suggestions des eurodéputés pour que l'UE lutte contre la perte de biodiversité dans les pays pauvres

Les droits des peuples autochtones et la réforme des accords commerciaux de l'UE comme celui avec le Mercosur sont au cœur du projet de rapport de Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) sur la contribution de l'UE à la lutte contre la perte de biodiversité dans les pays en développement.

Présenté le 25 février en commission 'Développement' du Parlement européen, il a reçu un très bon accueil.

Ce rapport d'initiative est une réponse à la perte de biodiversité dans le cadre de la réalisation de l’agenda 2030 de l'ONU, conformément à l'accord de compétences, négocié de haute lutte avec la commission de l'environnement, qui est chef de file pour la position que défendra l'UE lors des négociations internationales à la COP15 de Kunming, en mai prochain.

« 70% des pauvres dans le monde vivent en milieu rural et dépendent directement de la biodiversité pour leur survie et leur bien-être. En outre, l’extraction des ressources et l’accaparement des terres aggravent la perte de biodiversité due à l’agrobusiness, ce qui freine la réalisation des ODD », a souligné Mme Rivasi.

Une vision holistique. Elle estime qu'une vision cloisonnée de la protection de la biodiversité, limitée à la seule expansion des aires protégées, serait une erreur : « il faut une vision holistique, les modèles de conservation ne pourront pas compenser les impacts de nos politiques agricole et commerciale sur la biodiversité ». Aussi, son rapport suggère-t-il moult actions dans diverses politiques de l'UE.

Elle propose que l'UE « cesse d'exporter des modèles agricoles et commerciaux destructeurs de l’environnement et de la santé », l'inclusion systématique de la biodiversité et du climat, un moratoire mondial sur la dissémination dans la nature des OGM, y compris pour des essais en plein champ. 

Elle suggère que l'UE se dote d'une loi sur le devoir de vigilance pour rendre les entreprises et leurs financiers directement responsables de la garantie que leurs importations ne sont pas entachées d’accaparement des terres et de déforestation.

Son rapport plaide aussi pour une véritable approche One Health, la majorité des médicaments utilisés pour les soins de santé étant issus de la biodiversité.

Il préconise que le trafic d'espèces sauvages soit classé comme une infraction grave et que l’UE fasse de la lutte contre la criminalité environnementale une priorité politique stratégique dans le cadre de la COP26 sur le climat et de la COP15 sur la diversité biologique.

Mme Rivasi « encourage l'UE et ses États membres à soutenir ce changement de paradigme visant à inclure l’écocide et le droit des générations futures dans le droit international ».

Droits des peuples autochtones. Son rapport demande que les États reconnaissent et protègent les droits des peuples autochtones. La prise de décision concernant tous les aspects des zones protégées doit se faire avec la participation et le consentement des peuples autochtones. Ils doivent avoir droit à la restitution ou à d’autres formes de réparation quand leurs terres ont été incluses dans des zones protégées sans leur consentement.

Les députés ont salué ce projet de rapport, considérant, comme Norbert Neuser (S&D, allemand), qu'il « est entre de bonnes mains ». Ce député a notamment insisté sur la nécessité de normes pour les investisseurs européens.

Le groupe CRE a mis en garde contre les risques pour la productivité agricole d'exigences trop strictes en matière de réduction des pesticides et d'engrais.

Dominique Bilde (ID, française) a estimé que l'UE devait « cesser de porter seule le développement durable au niveau mondial ». Et d'évoquer les investissements de la Chine pour son projet 'Route de la Soie', impliquant l’énergie provenant du charbon et des chantiers d’infrastructures fortement préjudiciables à la biodiversité dans des pays en développement, le rôle de la Chine dans la déforestation, notamment en Afrique, et « la surexploitation de la ressource halieutique des flottes turques et chinoises en Afrique de l'Ouest, qui s'est aggravée pendant la crise de la Covid-19 ».

L'objectif est que le rapport puisse être soumis au Parlement européen « idéalement en avril », selon Mme Rivasi et le président de la commission, Tomas Tobé (PPE, suédois). (Aminata Niang)

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