Les ministres européens des Affaires étrangères feront le point, lundi 25 janvier, sur la crise politique et humanitaire au Venezuela. Ils adopteront des conclusions spécifiques, mais aucune nouvelle sanction ciblée européenne ne devrait être adoptée lors de cette réunion.
Ils réitéreront que l'Union européenne ne reconnaît pas l'Assemblée nationale, dont le régime Maduro a pris le contrôle en décembre à l'issue d'élections législatives qui n'étaient ni libres ni crédibles (EUROPE 12630/7). Pour eux, ce processus constitue « une occasion manquée pour la démocratie » dans le pays caribéen, selon le projet de conclusions validé par les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE et dont EUROPE a eu copie.
Lundi, il sera aussi question du statut à accorder à l'opposant Juan Guaidó, qui présidait la précédente Assemblée nationale, dernier bastion de l'opposition au régime Maduro.
D'après les conclusions, M. Guaidó ainsi que d'autres représentants de l'opposition démocratique continueront d'être, pour l'UE, « des acteurs (politiques) importants et des interlocuteurs privilégiés ». La question de continuer de tenir M. Guaidó pour le président légitime du Venezuela, comme le considère toujours le Parlement européen (EUROPE 12641/9), ne se pose pas au niveau de l'Union. Celle-ci n'est pas compétente dans ce domaine.
D'après un haut fonctionnaire européen, les Européens ne peuvent pas considérer que l'Assemblée nationale élue en 2015 demeure la seule entité légitime du Venezuela. Certes, la nouvelle assemblée n'a pas été formée selon les normes démocratiques, mais continuer de reconnaître une assemblée dont le mandat a expiré conformément aux règles constitutionnelles du pays aurait « des conséquences juridiques potentiellement énormes », notamment pour les pays de la région, a estimé cette source.
Et ce haut fonctionnaire d'estimer que, pour sortir de l'impasse politique au Venezuela, « la plus grande unité possible au sein de l'opposition est nécessaire ». D'où l'idée de considérer M. Guaidó comme une personne prééminente, tout en octroyant de la place à d'autres figures de l'opposition.
Sur la question, l'UE fera savoir qu'en vertu de « la détérioration de la situation » sur le terrain, elle se tient prête à adopter des sanctions ciblées additionnelles contre les Vénézuéliens coupables de viols des droits de l'homme et de l'État de droit.
Voir les conclusions : http://bit.ly/3p7f7Ig (Mathieu Bion)