Le Parlement européen veut favoriser l’accès à un logement décent et il propose notamment que soit mis fin au sans-abrisme dans l’Union européenne d’ici 2030, en faisant prévaloir le principe du « logement avant tout » ('housing first'), dans un rapport porté par Kim van Sparrentak (Verts/ALE, néerlandaise) et adopté jeudi 21 janvier (391 voix pour, 114 contre, 177 abstentions).
« Le droit au logement est simplement un droit fondamental. Mais, en raison des forces excessives du marché, il devient de plus en plus difficile de le réaliser. En tant que Parlement européen, nous montrons maintenant comment cela peut être fait », s’est félicitée Mme van Sparrentak à l’issue du vote.
Les parlementaires demandent notamment que les règles budgétaires européennes et en matière d’aides d’État soient adaptées pour permettre davantage d’investissements dans le secteur du logement, notamment dans des logements abordables pour les ménages à faible ou moyen revenu. À ce titre, ils réclament une révision de la définition du logement social pour élargir le système dérogatoire à tout le secteur du logement.
Les députés demandent instamment à la Commission européenne d’inclure dans la législation sur les services numériques une proposition d’obligation d’échange d’informations pour les plateformes du marché de la location de logements de courte durée (comme Airbnb) (EUROPE 12623/1). Ils rappellent, par ailleurs, que l’absence de règlementation du marché immobilier des acteurs financiers est délétère et joue contre l’accès à un logement abordable.
Selon le PE, l’UE doit proclamer l’objectif d’éradiquer le sans-abrisme d’ici 2030, en accordant une attention particulière aux personnes LGBTIQ, les femmes et les minorités. Un tel objectif contribuerait à atteindre les objectifs de développement durable onusiens en Europe, soulignent-ils.
En lien avec le Pacte vert européen, les eurodéputés insistent sur la rénovation des logements aussi dans le cadre de la reprise économique post-pandémie de Covid-19. Donner la priorité au logement social permettra de lutter contre la pauvreté énergétique, estiment-ils.
Nicolas Schmit très favorable
Lors d’un débat en session plénière, mercredi 20 janvier, le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, avait pleinement soutenu cette démarche. « Je partage tout à fait l'objectif de lutter contre le sans-abrisme et de soutenir l'accès à un logement décent et abordable comme un facteur clé de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale », avait-il indiqué.
Pour le commissaire, il faut notamment lutter contre l’inflation des loyers, la pauvreté énergétique, ou encore améliorer la collecte de données sur le sans-abrisme. Il a indiqué que le plan d’action sur la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux mettra l’accent sur ce problème en se fondant sur sa 19e priorité dédiée au logement et à l’aide aux sans-abris.
Le sans-abrisme fait partie des priorités sociales de la Présidence portugaise du Conseil de l’UE, qui organisera une conférence de haut niveau sur le sujet en juin et compte lancer une plateforme européenne pour lutter contre ce phénomène (EUROPE 12616/19). (Pascal Hansens)