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Bulletin Quotidien Europe N° 12598
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Après l’élection de Joe Biden, les Européens souhaitent resserrer les liens transatlantiques

Les dirigeants européens ont félicité Joe Biden, samedi 7 et dimanche 8 novembre, pour son élection à la présidence des États-Unis, ainsi que Kamala Harris, qui sera la première femme à occuper la fonction de vice-président.

S’ils n’ont pas publié de communiqué commun, les dirigeants européens se sont entendus pour réagir de manière simultanée, samedi à 19h, après l’annonce des résultats en Pennsylvanie, afin de « féliciter le président et le vice-président élus (...) tout en faisant preuve de respect pour le processus électoral », selon une source européenne.

Au-delà des félicitations d’usage, les Européens espèrent resserrer les liens avec leur partenaire transatlantique, quelque peu mis à mal durant les années Donald Trump - aucun dirigeant n'ayant salué son mandat -, notamment dans le contexte de la lutte contre la Covid-19.

« L'UE souligne, une fois de plus, son engagement en faveur d'un partenariat transatlantique solide et se tient prête à dialoguer avec le président élu, le nouveau Congrès et l'administration », a expliqué le président du Conseil européen, Charles Michel, dans un communiqué.

Se réjouissant de rencontrer Joe Biden « dès que possible », la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que les Européens et les Américains sont des « amis et alliés », dont les citoyens « partagent les liens les plus profonds », ont construit « un partenariat transatlantique sans précédent », qui est aussi à la base d’un ordre international libéral et fondé sur des règles. « Alors que le monde continue de changer et que de nouveaux défis et opportunités apparaissent, notre partenariat renouvelé revêtira une importance particulière », a-t-elle plaidé.

La présidente de la Commission a précisé que son institution était prête à intensifier la coopération avec la nouvelle administration et le nouveau Congrès pour relever les défis urgents auxquels le monde est confronté, que ce soit la lutte contre la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques et sociales, le changement climatique, la transformation numérique, le renforcement de la sécurité commune européenne ainsi que la réforme d'un système multilatéral fondé sur des règles.

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a qualifié pour sa part l’élection de « grand jour » pour les États-Unis et l’Europe, se disant impatient de travailler avec la nouvelle administration pour « reconstruire notre partenariat ».

Du côté du Parlement européen - qui débattra mercredi 11 novembre des élections américaines en session plénière -, son président, David Sassoli (S&D, italien), a estimé que le monde avait besoin « d'une relance des relations transatlantiques afin que nous puissions tous être en mesure de relever les défis de notre temps ». « Depuis la pandémie de Covid-19, c'est la première fois que l'Europe et les États-Unis sont confrontés à un défi mondial, mais, sans vision commune, cet état de fait rend nos réponses moins efficaces », a-t-il regretté.

Au-delà de la gestion de la pandémie, d’autres sujets appellent, selon M. Sassoli, « une relation plus forte et plus concertée, en sus de toutes nos valeurs communes, de notre fort attachement à la démocratie et à la liberté », dont la sécurité, la lutte contre le terrorisme ou encore la défense des droits de l’homme. « Un monde avec moins d'inégalités est dans notre intérêt commun », a souligné le président du PE, se réjouissant de travailler avec le Congrès américain et la nouvelle administration.

Le cas slovène

Si la plupart des dirigeants des États membres ont également félicité Joe Biden, appelant à une étroite coopération, le Premier ministre slovène, Janez Janš - qui, en amont du scrutin, avait publiquement soutenu Donald Trump, dont la femme, Melania, est d’origine slovène - s’est montré plus circonspect, souhaitant avoir les résultats définitifs avant de se prononcer.

Revenir sur les décisions de Donald Trump

Lors du discours prononcé après l'annonce de sa victoire, M. Biden a fait de la lutte contre le Covid-19 et de la réunification d'une Amérique plus que jamais divisée des priorités. Sur le plan intérieur, il compte aussi relancer l’économie américaine et restaurer l’Obamacare.

Sur le volet climatique, la victoire de Joe Biden devrait renforcer le regain d’ambition internationale, en particulier après les récents engagements de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud en faveur de la neutralité carbone (EUROPE 12566/4 et 12592/31).

Il a ainsi promis qu’il demanderait à l’Organisation des Nations unies (ONU) de réintégrer les États-Unis dans l’accord de Paris dès son investiture, le 20 janvier 2021, et souhaite que les émissions nettes de gaz à effet de serre de son pays soient nulles d’ici 2050. Néanmoins, la mise en œuvre de nouvelles lois pour atteindre cet objectif dépendra essentiellement de la capacité des démocrates à obtenir la majorité au Sénat le 5 janvier 2021.

Le futur 46e président des États-Unis entend aussi revenir sur le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il pourrait aussi, sous condition, revenir dans l'accord sur le nucléaire iranien, signé alors qu'il était le vice-président de Barack Obama. (Camille-Cerise Gessant et Damien Genicot)

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