Les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l'UE se sont entretenus de la coordination entre leurs pays dans le cadre de la pandémie du coronavirus, lors de la deuxième journée du Conseil européen, vendredi 2 octobre.
« Comme vous le savez, le sujet n'était pas à l'ordre du jour. Mais nous et quelques autres États membres avons demandé un débat entre les chefs de gouvernement sur la gestion et la coordination de la lutte contre la Covid en Europe », a déclaré le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, à l'issue du sommet, soulignant que le virus occupe 80% des dirigeants européens à l'heure actuelle. Pour l'Autrichien, une coordination est cardinale pour garantir les conditions sanitaires idoines concernant la circulation des personnes au sein du marché intérieur, mais aussi en provenance de pays tiers.
Alors que le point n’était effectivement pas explicitement inscrit à l’ordre du jour (EUROPE 12571/3), c’est, selon nos informations, celui-ci qui a le plus occupé les dirigeants ce vendredi matin. Ceux-ci ont d'ailleurs modifié le projet de conclusions pour y inscrire, en tête, la question de la Covid-19. Ils appellent notamment le Conseil de l’UE, avec la Commission européenne, à renforcer l’effort de coordination entre les États membres pour mieux contenir la pandémie.
La nécessité de poursuivre le travail pour développer un vaccin est également soulignée ainsi que l’importance de préparer sa distribution au sein des populations.
« C'est une très bonne chose que les dirigeants aient décidé de consacrer du temps à notre réponse collective à la pandémie de Covid-19 », s’est félicitée, en conférence de presse, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a souligné combien la situation épidémiologique était « préoccupante ». Craignant un retour à la situation « désastreuse » du printemps, la présidente a insisté sur trois points.
Premièrement, les États membres et les institutions européennes doivent soutenir la recherche d’un vaccin. Ici, Mme von der Leyen a rappelé que la Commission avait conclu deux accords avec des laboratoires pharmaceutiques, que cinq autres étaient en cours de négociation, et que des discussions étaient ouvertes avec quatre laboratoires supplémentaires (EUROPE 12563/8).
Surtout, il est nécessaire de préparer la suite avec la stratégie de couverture vaccinale, a-t-elle insisté. « Qui va-t-on vacciner en premier ? », s’est interrogée Mme von der Leyen devant une salle de presse vide en raison des mesures sanitaires. Un projet de recommandation devrait voir le jour sous peu, a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, il est nécessaire que les États membres se coordonnent mieux tant dans l’évaluation des situations sur le terrain que sur les mesures à prendre, a insisté Mme von der Leyen. Elle a donné comme exemple le code couleur sanitaire employé par les différents États membres, qui nécessite une coordination et une harmonisation des critères.
« Je demande instamment aux États membres de trouver un accord dès maintenant, car il accroît la transparence et la clarté pour les citoyens européens sur la manière de se déplacer dans les différentes régions d'Europe ».
Le temps presse. « Nous sommes inquiets que les cas augmentent. Nous avons des mois difficiles devant nous. La priorité doit être donnée à l’économie, à l’école, car les enfants ont besoin d’éducation. (...) Chacun voudrait que cela soit fini, mais ce n'est pas possible tant qu'il n'y a pas de vaccin », s'est inquiétée la chancelière allemande, Angela Merkel. Car, en effet, le virus continue de progresser, notamment en Europe centrale et orientale, jusqu’alors épargnée, tandis que l’immunité collective peine à dépasser les 15% (EUROPE 12567/7). (Pascal Hansens, avec Agathe Cherki et Aminata Niang)