Le point d’information sur les futures relations avec le Royaume-Uni a, comme convenu, été très court, vendredi 2 octobre, lors de la seconde journée du Sommet des chefs d'État ou de gouvernement des États membres de l'UE.
Il a permis essentiellement au président du Conseil européen et à la présidente de la Commission, Charles Michel et Ursula von der Leyen, de renouveler leur « confiance » à l'égard du négociateur de l’UE, Michel Barnier, et à Micheál Martin, le Premier ministre irlandais, de donner son point de vue, a relaté Charles Michel lors de la conférence de presse finale.
« Nous sommes unis, nous sommes très calmes, nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer ce que l’on pense » et « on aura l’occasion d’en parler en octobre », lors du Sommet consacré officiellement aux négociations avec Londres, mais « nous n’avons pas ouvert le débat aujourd’hui », a ajouté le président du Conseil européen.
Vidéoconférence
Pour sa part, Mme von der Leyen s’entretiendra en vidéoconférence, samedi 3 octobre, avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson, « pour faire le point sur les négociations », a-t-elle dit. Elle a indiqué que, si des progrès ont été faits « sur de très nombreux points », il reste des difficultés sur les conditions de concurrence équitables et la pêche, mais elle s'est refusée à dire si l’UE et le Royaume-Uni étaient prêts à rentrer désormais dans un processus de négociations.
Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, lui, s’est dit « prudemment optimiste » quant aux chances d’un accord, étant donné la « nécessité géopolitique » d’un accord.
La chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas voulu dire si cette vidéoconférence du 3 octobre était bon signe. « Beaucoup de choses seront déterminées par ce que la Grande-Bretagne veut et ce qu'elle ne veut pas. C'est à la Grande-Bretagne d'en décider réellement. Mais tant que les négociations se poursuivent, je suis optimiste ».
Les principaux points de divergence sont encore à surmonter
De son côté, Michel Barnier a, comme convenu, transmis une déclaration écrite sur le 9e cycle de négociations.
Il a confirmé « des points de convergence, dont la plupart avaient déjà été enregistrés lors des cycles précédents, en particulier sur certains aspects des échanges de biens, de services et d'investissements, de la coopération nucléaire civile et de la participation aux programmes de l'Union » ainsi que de « nouveaux développements positifs sur certains sujets tels que la sécurité aérienne, la coordination de la sécurité sociale et le respect des droits fondamentaux et des libertés individuelles ».
Mais Michel Barnier évoque « la persistance de graves divergences », semblant ainsi contredire l’atmosphère positive décrite ces derniers jours.
« Nous rappelons une fois de plus que tout accord sur un partenariat économique avec le Royaume-Uni requiert des garanties solides et à long terme d'une concurrence ouverte et équitable », ajoute le négociateur.
Sur le cadre de gouvernance il faut d’autant plus disposer de mécanismes d'application et de règlement des différends solides et des recours efficaces, « après l'introduction par le gouvernement britannique de l''Internal Market Bill', qui viole ses obligations au titre de l'accord de retrait et du protocole sur l'Irlande/Irlande du Nord ». Et sur la pêche, tout reste encore à faire, semble dire Michel Barnier.
De son côté, le négociateur britannique, David Frost, estime aussi que les différences subsistent. « Sur l'égalité des conditions de concurrence, y compris la politique de subvention, nous continuons à rechercher un accord qui garantisse notre capacité à établir nos propres lois au Royaume-Uni ». Des progrès limités ont été réalisés dans ce domaine « et l'UE doit aller plus loin ». En outre, « sur la pêche, le fossé qui nous sépare est malheureusement très large », constate-t-il.
Des négociations encore très délicates, selon le Taoiseach Micheál Martin
Le Premier ministre irlandais a confirmé ce constat à l’issue du Sommet, indiquant, lors d’un point de presse, que la négociation reste « difficile. L'égalité des conditions de concurrence et d’accès équitable au marché reste un sujet de préoccupation considérable ».
C'est encore « une question sur laquelle des progrès devront être réalisés ». Et « même si l'humeur est à l'engagement, personne ne sous-estime la tâche qui nous attend », a-t-il estimé. (Solenn Paulic avec Aminata Niang)