Quelques heures après l’accord politique entre les dirigeants européens (EUROPE 12572/2), l’UE a adopté, vendredi 2 octobre, via procédure écrite, des sanctions à l’encontre de quarante personnes identifiées comme responsables de la répression et de l'intimidation de manifestants pacifiques, de membres de l'opposition et de journalistes au lendemain de l'élection présidentielle du 9 août en Biélorussie, ainsi que de la mauvaise conduite du processus électoral.
Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, échappe, pour l’instant, aux mesures, mais il n’en est pas de même pour 34 hommes et 6 femmes.
Parmi eux se trouvent le ministre de l’Intérieur, Yuri Karaeu, et quatre vice-ministres de l’Intérieur. Il en est de même pour le chef du Département de sureté et de la sécurité et le commandant adjoint des forces internes du ministère de l’Intérieur, et pour le commandant de l’unité spéciale de réaction rapide. L’ancien président du comité pour la sureté de l’État, tout comme quatre vice-présidents de ce comité et l’ancien procureur de la République, font l’objet de mesures qui comprennent une interdiction de voyager et un gel des avoirs. La présidente de la commission électorale centrale, son vice-président, la secrétaire de la commission et neuf de ses membres sont aussi concernés.
Ces personnes sont sanctionnées sous le règlement du Conseil du 18 mai 2006 concernant des mesures restrictives à l'encontre du président Loukachenko et de certains fonctionnaires de Biélorussie, qui comptait jusqu’à présent quatre individus liés aux disparitions non élucidées de deux membres de l'opposition, d’un homme d'affaires et d’un journaliste, en 1999 et 2000. Ces sanctions ont cours jusqu’au 28 février 2021.
Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a salué l’adoption des mesures, espérant que celles-ci encourageront les dirigeants biélorusses « à s'abstenir de toute nouvelle violence, à libérer toutes les personnes détenues illégalement, à ouvrir une enquête approfondie sur toutes les allégations de violations et d'abus et à engager un dialogue véritable et ouvert à tous avec l'opposition » afin de trouver une issue pacifique à la crise actuelle.
« La liste des personnes visées sera constamment réexaminée et l'UE est prête à imposer des mesures restrictives supplémentaires si la situation ne s'améliore pas », a-t-il prévenu.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a annoncé, à l'issue du Conseil européen le 2 octobre, que les dirigeants européens continueraient à suivre de près la situation. Expliquant que l’UE était favorable à un dialogue inclusif, M. Michel a espéré que l’OSCE pourra préparer et organiser un dialogue pour améliorer la situation.
Voir l'acte juridique lié à la décision : https://bit.ly/34yGx0T (Camille-Cerise Gessant)