La Commission européenne a ouvert, mercredi 2 septembre, une enquête approfondie pour déterminer si le droit accordé par la Belgique à Ladbrokes d'exploiter des paris virtuels en Belgique est conforme aux règles de l'UE en matière d'aides d'État.
En mars 2019, deux opérateurs de jeux ont déposé une plainte auprès de la Commission alléguant que la Belgique avait accordé une aide d'État incompatible à Ladbrokes sous la forme d'un droit exclusif d'exploitation de paris virtuels.
Ladbrokes possède près de 300 bureaux de paris en Belgique.
Jusqu’à peu, la Belgique ne disposait pas d'un cadre juridique spécifique pour réglementer ces jeux. À la demande de Ladbrokes, le régulateur fédéral qui contrôle le secteur des jeux en Belgique (la commission des jeux) a autorisé Ladbrokes à exploiter des paris virtuels, notamment dans les bureaux de paris (en février 2014) et en ligne (en mars 2015).
Toutefois, la commission des jeux a refusé ce même droit à d'autres opérateurs à plusieurs reprises, en 2015-2016. Or, la commission des jeux n'a pas annulé l'autorisation de Ladbrokes durant cette période.
La Commission craint que l'autorisation accordée à Ladbrokes n'ait eu pour conséquence que la société de paris ait bénéficié d'un droit exclusif de facto pour l'exploitation de paris virtuels en Belgique depuis 2014 sans aucune rémunération en faveur de l'État belge par Ladbrokes en contrepartie. La mesure pourrait avoir faussé la concurrence. (Lionel Changeur)