Le chargé d’affaires par intérim en Syrie du Service européen d'action extérieure, Gilles Bertrand, a mis en garde, mardi 1er septembre, lors d’une audition au Parlement européen, contre l’instabilité « chronique » en Syrie.
« En Syrie, il y a une instabilité chronique, les services de base ne sont pas fournis, les problèmes ne cessent de s’exacerber, en particulier au sud, sous le contrôle du régime depuis 2018 », a-t-il expliqué devant la commission des Affaires étrangères du PE, estimant que, dans cette région, le contrôle par le régime n’est pas clair, car il y a de nombreux groupes armés qui se font concurrence. S’ajoute à cela une importante crise économique.
« Le pays n'est pas vraiment engagé vers la stabilité ; c’est un pays instable du point de vue systémique. Si on prend un peu de recul, on pense que la stabilité, ce serait de garder le régime actuel, mais le garder sans réformes ne fait qu’alimenter l’instabilité du pays », a prévenu M. Bertrand, basé à Beyrouth depuis plus d’un an.
Petite note positive, selon le chargé d'affaires : « la Russie veut de la stabilité et pourrait se mettre au service de celle-ci ».
Pour M. Bertrand, pas question de baisser les bras. « Pour beaucoup, la Syrie est une tragédie, ‘c’est fini, on ne peut rien y faire’. Ce n’est pas vrai : on risque de nouvelles vagues de réfugiés, du terrorisme, de l’instabilité régionale », a-t-il expliqué.
Et si l’UE refuse d’aider à la reconstruction tant qu’il n’y a pas de solution politique, M. Bertrand a estimé qu’il y avait peu de solutions pour le futur du pays qui n’impliquerait pas les Européens, citant la restauration des liens commerciaux, la relance du pays, pas seulement en termes d’argent, mais aussi d’expertise. Pour le chargé d’affaires, la diaspora syrienne en Europe sera aussi un lien important.
« Sans la contribution européenne à la reconstruction, il sera extrêmement difficile pour la Syrie de se reconstruire », a-t-il prévenu. (Camille-Cerise Gessant)