Est-on toujours dans la première vague ou déjà dans la seconde vague de coronavirus en Europe ? « C'est difficile à dire, mais ce qui est sûr, c'est que nous devons contre-attaquer », a indiqué mercredi 2 septembre la directrice générale du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies en Europe (ECDC) aux eurodéputés de la commission de la santé publique.
« C'est un peu une question philosophique », a poursuivi Andrea Ammon, soulignant toutefois que c'était la première fois que les cas réaugmentaient après une diminution en avril à la suite des mesures de confinement décidées par la plupart des États membres de l'UE.
Selon les chiffres présentés par l'agence de l'UE, le coronavirus a causé à ce jour près de 2,2 millions d'infections dans l'Union européenne et l'espace économique européen (EEE), avec 181 992 décès enregistrés. « Nous nous basons soit sur les données transmises directement par les États ou leurs autorités de santé, soit nous les prenons sur leurs sites officiels », a expliqué Mme Ammon, sans exclure que certains cas passent entre les mailles du filet. Une tendance qui n'est cependant ni nouvelle ni spécifique à la Covid, a-t-elle toutefois nuancé.
Le manque de coordination dans l'UE largement critiqué
Au cours de cet échange de vues virtuel, les eurodéputés ont largement critiqué la gestion chaotique de la pandémie durant la période estivale. « C'est une véritable honte », a même été jusqu'à lancer Martin Hojsik (Renew Europe, slovaque).
Le matin même, le président de son groupe politique, Dacian Cioloș (roumain), avait d'ailleurs interpellé la présidente de la Commission européenne et le président du Conseil européen afin d'exiger plus de coordination. Dans son courrier, M. Cioloș réclamait la mise en place rapide d'une coordination forte et intuitive entre ces deux institutions et les ministres européens de la Santé, pour donner des orientations claires, ainsi que d'une unité opérationnelle menée par la Commission et composée d'un représentant de chaque État membre servant de point de contact.
« Bien évidemment, l'ECDC n’est pas responsable de ces égoïsmes nationaux. La cause, c’est bien le manque de confiance entre les États membres et l’insuffisance de coopération sanitaire », a poursuivi la députée du même groupe, Véronique Trillet-Lenoir (française).
Le rôle de l'ECDC et le budget de la santé
Sur le rôle de son agence, la directrice de l'ECDC n'a pas manqué de se réjouir de l'inflexion récente des États membres. « J'ai été un peu surprise d'entendre qu'il y avait des propositions de renforcer le mandat de l'ECDC afin que celui-ci puisse publier des recommandations scientifiques. C'est un tabou depuis 15 ans ! », a-t-elle souligné. Elle a par contre regretté que l'augmentation du budget européen dédié à la santé ne soit pas aussi importante qu'annoncée (sachant que l'accord trouvé par les États membres ne reprend pas la proposition de la Commission). « Si vous avez un budget plus réduit, vous devrez ajuster vos ambitions », a-t-elle diplomatiquement concédé. (Sophie Petitjean)