L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a, elle aussi, réagi à la démission de la quasi-totalité des journalistes du site d'information hongrois Index, intervenue après le licenciement arbitraire de leur rédacteur en chef, Szabolcs Dull (EUROPE 12539/8).
Dans une déclaration publiée mardi 28 juillet, l'organisation plaide pour un conditionnement des fonds européens au respect de l’État de droit et met l'accent sur la « politique discriminatoire » menée en Hongrie en matière d'aides d'État aux médias.
En 2017, Index n'aurait ainsi reçu que 4,5% de la publicité en ligne des pouvoirs publics, contre 44,5% pour Origo, média progouvernemental au nombre de lecteurs comparable, souligne RSF, précisant que cette politique met en grande difficulté les médias indépendants et rend toute tentative de lancement d'un nouveau média beaucoup plus difficile.
« En vertu de ses compétences exclusives dans le domaine de la concurrence, la Commission européenne devrait examiner en urgence la distribution de la publicité d’État injuste et non transparente », a estimé Pavol Szalai, responsable du bureau UE/Balkans de RSF.
L'organisation reproche en outre à la Commission d'avoir fermé les yeux sur la plainte déposée en janvier 2019 par l'ONG Mérték Media Monitor, une station de radio, et par un député hongrois au sujet de ces aides d'État jugées illégales.
En début de semaine déjà, l'institution européenne, interrogée sur son absence de réponse à une plainte déposée en 2016 au sujet d'aides d'État accordées au principal média audiovisuel hongrois, avait botté en touche, assurant « tout faire pour parvenir à une solution ». (Agathe Cherki)