Les États membres ont été invités, lundi 29 juin, à approuver par procédure écrite, d’ici au mardi 30 juin à midi, la première liste européenne de pays tiers dont les citoyens seront autorisés à entrer à nouveau dans l’Union européenne pour des voyages d’agrément à partir du 1er juillet.
Cette liste, qui portera sur 14 pays + 1 (la Chine) et inclura aussi les touristes d'Andorre, Saint-Marin et Monaco, était en préparation depuis vendredi 26 juin (EUROPE 12504/1).
Les ambassadeurs nationaux auprès de l'UE (Coreper) étaient parvenus, en fin de semaine dernière, à s’entendre sur une première liste restreinte qui sera actualisée toutes les deux semaines. Mais il fallait ensuite consulter les capitales.
Des discussions ont ainsi eu lieu sur certains pays, des sources évoquant par exemple certaines difficultés de l’Espagne avec la présence du Maroc, quand d’autres pays membres tenaient à ce que les résidents du Maroc puissent à nouveau librement venir visiter l’UE.
Ont ainsi été retenus par les ambassadeurs les pays tiers suivants : Canada, Australie, Uruguay, Maroc, Tunisie, Algérie, Japon, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Thaïlande, Géorgie, et enfin, la Serbie et le Monténégro.
La Chine a été mise de côté provisoirement en vertu de la réciprocité : ses résidents pourront à nouveau voyager vers l’UE seulement si Pékin, en échange, accepte à nouveau les voyageurs de l’UE sur le sol chinois.
Le 11 juin, dans une communication (EUROPE 12504/1), la Commission avait proposé que les six pays des Balkans occidentaux se retrouvent sur cette liste. Finalement, seuls la Serbie et le Monténégro y ont été inscrits.
Devant affronter une situation sanitaire toujours préoccupante, les États-Unis, le Brésil, mais aussi la Russie ou la Turquie ne figurent logiquement pas sur cette première liste européenne.
Les Vingt-sept avaient arrêté au préalable une série de critères permettant de déterminer la liste, le critère épidémiologique ayant été prioritairement pris en compte.
Dans le projet de recommandation, qui encadre la liste et qui n'a pas subi de modifications depuis le 26 juin, les États membres ont ainsi retenu le seuil 'proche de ou en dessous' de 16 infections pour 100 000 habitants observé sur les deux dernières semaines. Vient en second la tendance des nouveaux cas le jour de la réouverture des frontières extérieures par rapport aux deux semaines précédentes, puis, en troisième position, la réponse globale à la Covid-19 apportée par un pays tiers, en tenant compte des informations disponibles sur des aspects tels que les tests, la surveillance, le traçage des contacts, le confinement, le traitement et les mécanismes de notifications.
Les États membres devront aussi avoir la capacité de rouvrir ou, au contraire, de refermer rapidement leurs frontières extérieures aux ressortissants d'un pays tiers en fonction de l’évaluation de la situation sanitaire. Et ils devront se coordonner pour ne pas décider unilatéralement d'ouvrir leurs frontières aux ressortissants d'un pays tiers si les autres États membres n’ont pas décidé en ce sens. (Solenn Paulic)