Alors que s'ouvrait la 73e Assemblée mondiale de la santé, lundi 18 mai, plusieurs organisations ont plaidé pour que le futur vaccin développé pour lutter contre le Covid-19 ne soit pas protégé par un brevet qui offrirait un monopole aux grands groupes pharmaceutiques.
Interrogé par EUROPE sur cette question lors d'une conférence en ligne organisée par l'European Policy Centre (EPC), Bart van Zijll Langhout, vice-président des Alliances stratégiques EMEA & Janssen et s'exprimant au nom de l'entreprise Johnson & Johnson, a rejeté cette idée : « Nous sommes tous d'accord pour dire que les personnes, les patients, doivent avoir accès au vaccin. (...) Une licence publique pourrait être une solution dans le court terme, mais ce pourrait être un frein à l'innovation dans le futur », a-t-il déclaré, affichant sa préférence pour une « communauté de brevets volontaire » (des accords volontaires entre 2 ou plusieurs entités titulaires de brevets sur une technologie particulière). De son côté, la Commission a affirmé que toutes les solutions étaient sur la table.
Les participants à cette conférence intitulée 'Le secteur pharmaceutique avant, pendant et après la crise du Covid-19' ont également discuté de la future politique européenne en matière de santé. Alors que la question de l'autonomie stratégique est sur toutes les lèvres, l'EFPIA a questionné ce terme : « Autonome par rapport à quoi ? », s'est interrogée Nathalie Moll, directrice générale de l'EFPIA (industrie pharmaceutique). Selon elle, il vaut mieux parler de résilience stratégique. (Sophie Petitjean)