Le vote de deux projets de loi au Sejm polonais, les mercredi 15 et jeudi 16 avril, a provoqué l’indignation de nombreux députés européens.
Le premier projet soumis aux parlementaires polonais entend interdire l'un des cas d'avortement encore légalement autorisés en Pologne : celui des graves malformations de l'embryon. Le second doit, selon ses promoteurs, permettre d’empêcher la « sexualisation des enfants » : il vise à limiter l’éducation sexuelle et prévoit jusqu'à trois ans de prison pour les contrevenants.
« Nous sommes convaincus que les mesures qui amoindrissent la protection des droits des femmes et leur autodétermination sont très préoccupantes, car elles portent atteinte à une valeur fondamentale de l'Union européenne, à savoir la promotion de l'égalité des sexes », ont alerté une vingtaine de députés européens dans une lettre adressée, mardi 14 avril, à Elżbieta Witek, à la tête du Sejm, ainsi qu’à l’ensemble des députés européens et polonais.
Cette lettre a été rédigée à l'initiative des députés coordinateurs de la campagne pro-choix du Parlement européen, All of Us.
26 députés européens ont également signé un appel à l'action lancé, vendredi 10 avril, par le Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs.
« Le gouvernement polonais profite cyniquement de la situation actuelle de blocage pour faire passer ce projet de loi, car les restrictions en place ne permettront pas aux gens de descendre dans la rue comme lors des précédentes manifestations de masse contre ces mesures », a déploré la présidente du S&D, Iratxe Garcia Pérez (espagnole), dont le groupe a également appelé le parti PiS au pouvoir et son leader, Jarosław Kaczyński, à « abandonner cette législation radicale ».
Pour consulter la lettre : https://bit.ly/2RFJ181 (Agathe Cherki)