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Bulletin Quotidien Europe N° 12466
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / SantÉ

Covid-19, la Commission prône une levée graduelle et coordonnée des mesures de restriction

L'Union européenne va-t-elle aborder la sortie de la pandémie de Covid-19 de manière plus unie qu'elle n'y est entrée ? C'est en tout cas le pari que s'est lancé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui s'apprête à présenter, mercredi 15 avril, une feuille de route assortie de critères pour accompagner la levée des mesures de restriction en vigueur dans la plupart des États membres. 

La feuille de route repose sur trois critères clés : - un critère épidémiologique, attestant que la propagation du virus a diminué significativement pendant une certaine période ; - un critère lié à l'état de l'infrastructure sanitaire (main d'œuvre, matériel et lits) ; - un critère lié aux capacités de surveillance (tests à grande échelle, recherche de contact et mise en quarantaine).

Le document devait encore être discuté dans l'après-midi du 14 avril par les États membres dans le cadre du dispositif intégré de l'Union européenne pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise (IPCR) et le lendemain, lors de la visioconférence informelle des ministres européens de la Santé.

La coordination européenne peine à s'installer

Le défi de la coordination est de taille pour l'Union européenne, à l'heure où plusieurs dirigeants nationaux ont déjà annoncé un calendrier de sortie de crise.

Le Danemark parle de rouvrir crèches, écoles maternelles et primaires le 15 avril ; l'Autriche évoque la réouverture de ses petits commerces après Pâques, tandis que le gouvernement tchèque a déjà assoupli ses règles. À l'inverse, Madrid a prolongé jusqu'au 25 avril son confinement général, Rome jusqu'au 3 mai et la France jusqu'au 11 mai.

Voyant d'un mauvais œil l'immixtion européenne dans leur gestion nationale de la crise, certains États membres n'ont d'ailleurs pas hésité à renvoyer la feuille de route de la Commission européenne dans les cordes, appelant à un langage moins prescriptif (EUROPE 12464/5). 

« Il ne s'agit pas de dire aux États membres que le moment est venu pour eux d'agir, c'est évidemment une décision nationale. Notre feuille de route étaie une série de critères et de conditions qui devraient être pris en compte par chaque État membre au moment où celui-ci évalue la situation et, in fine, prend des décisions », a indiqué le porte-parole de l'institution européenne, Eric Mamer, mardi 14 avril devant la presse. 

Un langage moins prescriptif

Mme von der Leyen, avait déjà donné un bref aperçu de sa vision durant le congé de Pâques. Dans la presse allemande, elle expliquait que les personnes âgées, en tant que population à risque, devraient rester plus longtemps sous surveillance. « Les enfants et les jeunes jouiront plus tôt de davantage de liberté de mouvement que les personnes âgées et celles avec des antécédents médicaux », y expliquait-t-elle.

Cette approche graduelle est retenue dans la feuille de route, qui, selon une version récente du projet de stratégie consultée par EUROPE, recommande de laisser suffisamment de temps entre deux vagues de mesures (un mois, par exemple) pour pouvoir en observer les effets. La même approche graduelle est retenue pour la reprise de l'activité économique, en fonction de la spécificité des emplois concernés, et pour les rassemblements de personnes. La Commission recommande d'agir d'abord au niveau local, avant de passer à un échelon géographique plus important. Elle soutient également une approche progressive pour l'ouverture des frontières intérieures et extérieures

Si elle n'a jamais encouragé la réintroduction de contrôles aux frontières intérieures, la Commission semble dans ce document en avoir pris son parti. Elle souligne toutefois que la levée des contrôles devrait intervenir de manière coordonnée, soulignant par exemple que les restrictions de voyage devraient d'abord être levées pour les zones présentant un même degré de risque. La réouverture des frontières extérieures et l'accès des résidents non-UE au territoire devraient se faire dans un second temps, note le document. 

Tirer des leçons

Par ailleurs, la dernière mouture du projet de stratégie comprend de nouvelles dispositions sur le mécanisme de coordination. Elle souligne que, s'il n'existe pas d'approche unique, les États membres devraient « au minimum » communiquer leurs décisions et tenir compte des points de vue des autres. Partant, la Commission propose la création d'un réseau européen de points de contact nationaux vis-à-vis de la Commission et des pays voisins sur le modèle d'un groupe de travail opérationnel.

La feuille de route charge aussi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) d'élaborer un avis sur la manière d'introduire à l'avenir des mesures de confinement mieux coordonnées, en vue d'une éventuelle résurgence de la maladie. (Sophie Petitjean)

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