Moins de 15 jours après la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN (EUROPE 12461/26), leurs homologues de la Défense discuteront de nouveau, mercredi 15 avril, par visioconférence, de la pandémie de Covid-19.
La Suède et la Finlande, pays partenaires de l'Alliance, et le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont été invités à participer à la réunion.
« Les ministres de la Défense examineront les mesures prises par l'OTAN et les Alliés et décideront des prochaines étapes », a expliqué le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, mardi 14 avril. Le 2 avril, les chefs de la diplomatie avaient demandé au commandant militaire en chef de l’Alliance de mettre en place un groupe de travail pour intensifier et accélérer le soutien militaire aux Alliés en réponse à la crise.
La réunion portera aussi sur la manière de maintenir la dissuasion et la défense de l'Alliance et de poursuivre ses missions et opérations tout au long de la pandémie. « Nous prenons toutes les mesures possibles pour protéger nos troupes », a précisé l’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchinson, devant la presse.
Comme annoncé par M. Stoltenberg le 2 avril, les ministres devraient commencer également l’étude des conséquences à moyen et long termes de la pandémie. « Il est évident que l'une des leçons que nous devons tous tirer est une leçon sur l'importance de la résilience », a-t-il expliqué. Selon lui, les Alliés doivent se pencher sur des questions comme la fourniture d'équipements médicaux, de combinaisons de protection, de médicaments.
« Nous devons également nous demander si nous ne sommes pas trop dépendants de la production extérieure, si nous ne devons pas produire davantage de ces équipements dans nos propres pays, et aussi sur la question des stocks », a-t-il ajouté. Les équipements des Alliés, notamment en termes de transports, pourraient ainsi être inventoriés par l’Alliance afin de pouvoir accélérer la coordination en cas de nouvelle crise, selon une source.
Fake news. Enfin, les membres de l'OTAN discuteront de la lutte contre la désinformation. Selon M. Stoltenberg, ces derniers doivent « travailler en étroite collaboration pour identifier, surveiller et dénoncer » la propagation de fausses informations. La meilleure façon de répondre à ce phénomène, ce sont les faits, la vérité, a souligné le secrétaire général. Et d’ajouter : « La meilleure arme que nous avons contre la désinformation, c’est une presse libre et indépendante ».
Si M. Stoltenberg n’a pas cité de pays à l'origine de la désinformation, Mme Hutchinson a mis en avant la Russie et la Chine. Elle a aussi estimé que plus d'efforts pouvaient être faits à travers l’Alliance pour lutter contre les fausses informations. (Camille-Cerise Gessant)