L’UE soutient « une approche mondiale et coordonnée » pour un moratoire sur la dette des pays en développement, en appui aux engagements du G20 et à l’appel des institutions de Bretton Woods, afin d’aider ces pays à faire face à l’impact du nouveau coronavirus, a rappelé la Commission européenne mardi 14 avril.
« Nous l’avons déjà dit », a déclaré une porte-parole de l’institution, réitérant ce qu’avait assuré le Haut représentant de l’UE/Vice-président de la Commission, Josep Borrell, notamment en marge de la vidéoconférence des ministres européens du Développement, le 11 avril. Et d'ajouter qu’il fallait veiller à « la soutenabilité de la dette dans le cadre de la Banque mondiale et du FMI ».
Appel de l'Union africaine. La porte-parole répondait à la presse, qui demandait quelle serait la réponse de l’UE à l’appel de l’Union africaine (UA), lancé dimanche 12 avril, en faveur d’un report de la dette et du service de la dette et qui s’étonnait que, lundi soir, lors de son intervention télévisée, le président français, Emmanuel Macron, ait annoncé « une annulation de la dette des pays africains ».
Le président de l’UA, Cyril Ramaphosa, a nommé un envoyé spécial pour mobiliser le soutien économique international à la lutte de l’Afrique contre le Covid-19 et pour « solliciter un soutien rapide et concret promis par le G20, l’UE et les autres institutions financières ». Il a appelé à « un plan de relance global pour l'Afrique comprenant le report du paiement de la dette et des intérêts ».
La veille, l’UE avait annoncé 3,25 milliards € de soutien aux pays africains, dont 2,06 milliards pour l'Afrique subsaharienne, sur les 20 milliards € prévus pour les pays en développement ou en crise.
Le FMI allège le service de la dette des 25 pays les plus pauvres. Mardi, le FMI a décidé l'allègement immédiat du service de la dette des 25 pays les plus pauvres et les plus vulnérables, une décision aussitôt qualifiée de « premier exemple international remarquable » par l'eurodéputé Udo Bullmann (S&D, allemand). Celui-ci a aussitôt invité les dirigeants du G20 à s'en inspirer.
Les premiers pays à en bénéficier seraient l'Afghanistan, le Bénin, le Burkina Faso, les Comores, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, Haïti, le Liberia, Madagascar, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Népal, le Niger, le Rwanda, São Tomé e Príncipe, la Sierra Leone, les îles Salomon, le Tadjikistan, le Tchad, le Togo et le Yémen.
Selon la Banque mondiale, le total de la dette externe des pays de l’Afrique subsaharienne (dette et service de la dette) est de 365 milliards de dollars à la fin 2018, dont 110 (Md$) dus aux créanciers multilatéraux, 99 (Md$) aux créanciers bilatéraux et 155 (Md$) aux créanciers privés (sous forme d’obligations pour 117 (Md$)). L'allègement du service de la dette de la Banque mondiale pourrait porter sur 20 milliards de dollars. (Aminata Niang)